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TDAH, haut potentiel et troubles Dys : quand les difficultés se superposent...




On parle aujourd’hui beaucoup du TDA/H, de plus en plus du haut potentiel, et la dyslexie ainsi que la dysorthographie sont désormais mieux connues du grand public. Pourtant, ce qui reste encore trop méconnu, c’est la manière dont ces réalités peuvent coexister chez un même enfant et surtout l’impact cumulé que cela représente dans le quotidien scolaire.


L’objectif de cet article est simple :


– mieux comprendre ce que vivent ces enfants,

– rappeler que leurs difficultés sont réelles, durables et coûteuses en énergie,

– proposer de nombreuses pistes concrètes,

– et mettre en lumière leurs forces.


Quand les troubles se croisent : une réalité fréquente


Un enfant peut être :


– TDA/H seul,

– Dyslexique seul,

– Dysorthographique seul,

– Haut potentiel seul,

– ou présenter une combinaison de plusieurs de ces profils.


Ces profils « en superposition » sont très fréquents en pratique.

Un enfant TDA/H peut aussi être dyslexique.


Un enfant à haut potentiel peut aussi présenter une dysorthographie.

Ces associations rendent les apprentissages beaucoup plus complexes, bien au-delà de ce que l’on imagine.


Ce n’est donc pas un manque d’effort :


– c’est un fonctionnement neurologique différent,

– qui demande plus d’énergie, plus d’adaptations et plus de stratégies.


La dyslexie... Quand lire devient un véritable effort...


La dyslexie est un trouble spécifique et durable de l’apprentissage de la lecture.

Elle ne touche ni l’intelligence, ni la volonté, ni la motivation.


Chez de nombreux enfants dyslexiques, on observe :


– des confusions de lettres (b/d, p/q, m/n…),

– une lenteur de lecture,

– une fatigue rapide,

– une compréhension freinée par l’effort de lecture,

– un accès difficile aux mots connus.


Et une réalité très parlante pour beaucoup d’enfants : les lettres peuvent sembler bouger, se mélanger ou se renverser sur la page.

Lire n’est alors pas un automatisme, mais un travail permanent.


La dysorthographie... Quand écrire devient un combat invisible...


La dysorthographie concerne l’orthographe et l’écriture :


– fautes nombreuses et persistantes,

– difficultés à mémoriser l’orthographe des mots,

– confusion dans les accords,

– lenteur extrême pour écrire,

– perte des idées à cause de l’effort d’écriture.


Souvent, l’enfant sait ce qu’il veut dire…

mais l’écrit ne suit pas la pensée.


Ce décalage est frustrant, parfois douloureux, et extrêmement épuisant.


Voies de décodage et voies d’adressage. Comment le cerveau lit ?


Pour lire, le cerveau utilise deux grandes voies :


– la voie de décodage, aussi appelée voie d’assemblage : lire lettre par lettre, syllabe par syllabe (b + a = ba)

– la voie d’adressage : reconnaître les mots globalement, sans les découper

Chez l’enfant dyslexique :

– la voie d’assemblage est souvent fragile,

– la voie d’adressage se met difficilement en place, ce qui rend la lecture lente, coûteuse et très fatigante.


Chaque mot demande alors un effort conscient, là où, pour d’autres, la lecture devient automatique.


Fluence, décodage et compréhension : trois réalités distinctes...


Il est fondamental de ne pas confondre :


– le décodage (associer les lettres aux sons),

– la fluence (la vitesse, la fluidité, l’aisance),

– la compréhension (le sens de ce qui est lu).


Un enfant peut :


– lire lentement,

– buter sur de nombreux mots,

– manquer de fluidité, tout en comprenant parfaitement ce qu’il lit.


À l’inverse, un enfant peut lire vite… sans nécessairement comprendre en profondeur.

Chez l’enfant dyslexique, l’effort de décodage est tel que toute l’énergie est parfois mobilisée pour « lire les mots », au détriment de la compréhension globale. Cela ne signifie en aucun cas une faiblesse intellectuelle.


Compensation par l’intelligence : quand le trouble se camoufle...


Certains enfants, notamment à haut potentiel, parviennent à compenser leurs difficultés grâce à :


– une excellente mémoire,

– une grande capacité de raisonnement,

– des stratégies personnelles très efficaces.


Ils utilisent alors surtout :


– la voie d’adressage,

– et tentent de soutenir comme ils peuvent la voie d’assemblage.


Grâce à cette compensation, l’enfant peut :


– comprendre les textes,

– participer oralement avec pertinence,

– donner l’illusion de ne pas être en difficulté surtout durant ces premières années de primaire...


Cela peut retarder l’identification de la dyslexie ou de la dysorthographie, parfois jusqu’à l’adolescence, quand la charge scolaire devient trop lourde. Alors, il peut même se désintéresser de la lecture qu'il aimait auparavant car cela lui demande un effort trop important.


Un point essentiel : difficulté de lecture ne veut pas dire difficulté de compréhension...


Un enfant dyslexique n’est pas un enfant qui ne comprend pas.

C’est un enfant pour qui le chemin pour comprendre est plus long et plus coûteux.

Il faut toujours dissocier :


– la capacité à lire,

– la capacité à comprendre,

– la capacité à réfléchir.


Beaucoup d’enfants dyslexiques et dysorthographiques ont une intelligence parfaitement intacte, parfois très élevée, mais doivent franchir un obstacle supplémentaire : le passage par l’écrit.


Une réalité souvent invisible mais extrêmement énergivore...


Ce qu’il est crucial de comprendre :


– chaque consigne demande un effort supplémentaire,

– chaque lecture fatigue davantage,

– chaque texte écrit coûte énormément de concentration,

– chaque contrôle est une épreuve d’endurance cognitive.


L’enfant lutte souvent :


– contre le rythme de la classe,

– contre ses difficultés d’attention,

– contre la peur de l’erreur,

– contre l’épuisement.


Travailler lui demande beaucoup plus d’énergie que pour les autres.


Les aménagements ne sont pas des privilèges, mais des besoins essentiels...


Les adaptations ne sont pas des « avantages ». Elles visent à rétablir l’équité.

En classe...


– temps supplémentaire

– consignes lues à voix haute

– supports écrits adaptés (police, couleurs, impression recto,...)

– réduction de la quantité d’écrit

– réponses autorisées à l’oral

– évaluations centrées sur le fond

– outils numériques

– tâches découpées

– police d’écriture adaptée

– mise en page aérée

– codes couleurs

– tolérance dans la prise de notes

– valorisation des compétences orales


À la maison...


– travail fractionné

– durée limitée

– consignes lues ensemble

– dictée vocale autorisée

– pauses régulières

– aide sans jugement

– éviter les doubles sanctions

– priorité à la compréhension

– routine de travail stable

– soutien intense sans faire à la place


Les polices d’écriture : un détail qui n’en est pas un...


À éviter :


– polices avec empattements

– écritures serrées

– lettres trop proches


À privilégier :


– Arial

– Verdana

– Calibri

– OpenDyslexic

– Comic Sans


Une police adaptée peut réduire fortement la fatigue visuelle et les erreurs.


L’importance d’un partenaire extérieur...


L’accompagnement spécialisé permet :


– un regard neutre et formé,

– des stratégies ciblées,

– un lien avec l’école,

– un soutien à l’enfant,

– un soulagement pour la famille.


Orthophonistes, logopèdes, neuropsychologues ou accompagnants pédagogiques sont de véritables partenaires de parcours.


Ce que l’entourage doit toujours garder en tête...


– l’enfant ne choisit pas ses difficultés

– l’effort est invisible

– la fatigue est réelle

– l’échec n’est jamais volontaire

– la lenteur ne dit rien de l’intelligence

– la persévérance quotidienne est immense...

Des enfants différents, pas moins capables...


Les enfants dyslexiques et dysorthographiques sont souvent :


– créatifs

– intuitifs

– perspicaces

– adaptables

– sensibles

– courageux

– dotés d’une grande richesse intérieure.


Leur chemin est plus complexe.


Mais leurs ressources sont immenses.


Avec :

– des aménagements adaptés,

– une vraie compréhension de leurs efforts,

– un entourage soutenant,

– et des partenaires extérieurs compétents...


Ils peuvent non seulement réussir,

mais se révéler pleinement.

L’égalité n’est pas de demander la même chose à tous.


C’est de permettre à chacun d’avancer avec ses propres outils.

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