Les crises de colère et l'importance des règles claires, justes et sensées : quand la cocotte-minute explose !
- Christopher Trisman
- 2 nov. 2025
- 3 min de lecture

Vous voyez ces moments où votre enfant (ou vous-même ) se transforme soudain en une sorte de Hulk incontrôlable ?
Gros mots, cris, portes qui claquent, larmes à gogo… Bref, une belle crise de colère.
C’est bruyant, épuisant, parfois choquant… et pourtant, c’est souvent bien plus qu’un simple « caprice ».
Pourquoi ces crises arrivent-elles ?
Un cerveau en mode court-circuit
Chez les enfants TDA, HP ou TSA (et même chez les adultes, oui oui ), le cerveau émotionnel (l’amygdale) prend parfois le dessus sur le cortex préfrontal, celui qui sert à réfléchir et raisonner.
Résultat : on réagit vite, fort, et souvent mal.
Une hypersensibilité émotionnelle...
Les enfants (et adultes) concernés ressentent les émotions comme un tsunami : plus intenses, plus envahissantes, et surtout plus difficiles à réguler.
Un déficit dans la gestion de l’impulsivité...
Le TDA, par exemple, rend la régulation émotionnelle compliquée : au lieu de mettre la colère en sourdine, elle sort en Dolby Surround !
Un besoin non entendu...
Souvent, derrière une crise se cache une fatigue, une frustration, un besoin d’attention, ou juste… une faim de loup. (Avouez, vous aussi, vous devenez grognon quand vous avez faim ).
Et si une clé, c’était… la règle ?
Eh oui, aussi paradoxal que ça paraisse, les règles sécurisent.
Quand elles sont claires, justes et expliquées, elles permettent au cerveau de se sentir en terrain connu.
Sur le plan scientifique, cela s’appelle la prédictibilité : notre cerveau aime savoir à quoi s’attendre. C’est particulièrement vrai pour les enfants TDA, HP ou TSA, qui peuvent être déstabilisés par l’imprévu.
La règle, c’est le cadre.
Elle fixe une limite claire, rassure et évite que la colère ne devienne la seule manière d’exprimer son désaccord.
La sanction, c’est la conséquence.
Mais attention : inutile de tomber dans la punition « œil pour œil ».
La recherche en éducation montre que les sanctions réparatrices (ex. réparer ce qu’on a cassé, s’excuser, rendre service) sont beaucoup plus efficaces à long terme que les punitions arbitraires.
L’explication, c’est le ciment.
Un enfant comprendra mieux et acceptera plus volontiers une règle si elle est expliquée : le fameux « pourquoi ». Et chez l’adulte aussi, rappelons-le : on râle beaucoup moins contre une règle… quand on en comprend le sens.
En résumé : clarté, justice, constance et réparation. Voilà les 4 piliers qui permettent aux règles de contenir les tempêtes émotionnelles sans briser la confiance.
Conseils pour mieux gérer une crise de colère (enfant ou adulte) :
Respirez d’abord : avant de réagir, inspirez profondément. La respiration calme le cerveau et coupe le mode « volcan en éruption ».
Écoutez sans juger : même si les mots sont durs, derrière la colère se cache toujours un besoin. Essayez de comprendre plutôt que de répondre du tac au tac.
Donnez du temps : on ne raisonne pas quelqu’un en pleine tempête. Attendez que l’orage passe avant d’expliquer ou de négocier.
Proposez un sas de décompression : un coin calme, une activité sensorielle (dessin, Lego, musique…) ou juste un moment seul peut aider à se recentrer
Anticipez les déclencheurs : fatigue, faim, bruit, imprévus… En réduisant ces facteurs, vous diminuez les risques de crise.
Mettez des mots simples... Aidez l’enfant (ou vous-même) à identifier l’émotion : « Tu es en colère », « Tu es frustré », etc. Nommer, c’est déjà apprivoiser.
Utilisez l’humour... Une petite blague ou un décalage léger peut parfois désamorcer une tension (mais à manier avec finesse !).
Montrez l’exemple : un adulte qui crie pour calmer un enfant qui crie… ça ne marche pas. Montrez que vous pouvez rester zen.
Posez des règles claires : un cadre juste et expliqué évite bien des explosions. Les enfants (et les adultes aussi, avouons-le) ont besoin de savoir où sont les limites.
Favorisez les réparations : après la crise, proposez une conséquence constructive : ranger, réparer, s’excuser… Cela responsabilise sans humilier.
En conclusion !
La colère n’est pas un ennemi, c’est un signal.
Elle nous dit qu’un besoin n’est pas respecté ou qu’une limite est franchie.
Oui, c’est parfois bruyant, épuisant et pas franchement glamour. Mais c’est aussi une formidable opportunité d’apprendre à mieux se connaître, à respecter les règles, et à réparer quand on dépasse les bornes.
Bonne nouvelle : avec un peu de patience, d’écoute et des règles claires, les crises deviennent moins fréquentes et moins intenses.
Et derrière la colère, il y a souvent… un cœur qui a juste besoin d’être entendu .



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