Quand un enfant aime trop, ce n’est pas un problème. C’est une intensité...
- Christopher Trisman
- il y a 18 heures
- 3 min de lecture

On parle souvent d’enfants trop collants, trop dépendants, trop passionnés, trop envahissants.
On les décrit comme excessifs, envahissants, fusionnels, parfois même immatures. Mais on oublie une chose essentielle : beaucoup d’enfants qui ont un TDAH, un TSA ou un haut potentiel ne fonctionnent pas à petite dose.
Ils fonctionnent en intensité.
Ils ne s’attachent pas un peu.
Ils s’attachent fort.
Ils ne s’intéressent pas à moitié.
Ils s’investissent entièrement.
Quand un enfant neuroatypique aime une personne, un jeu, un projet, une activité, il ne le fait pas pour combler un vide.
Il le fait parce que son cerveau est câblé pour la connexion profonde, la stimulation forte, l’engagement total.
C’est sa manière naturelle d’exister dans le monde.
Le problème n’est pas qu’il aime trop.
Le problème est que le monde, lui, aime à distance.
L’intensité n’est pas de la dépendance...
Un enfant TDAH, TSA ou HP peut rechercher très fortement une personne sécurisante. Ce n’est pas de la manipulation. Ce n’est pas un caprice. Ce n’est pas une tentative de prendre le pouvoir sur l’adulte. C’est un système nerveux qui cherche un point d’ancrage.
Et c’est justement parce qu’il donne tout qu’il peut aussi souffrir très fort quand la distance arrive.
On confond souvent attachement intense et dépendance affective.
Pourtant, ce sont deux choses très différentes. La dépendance enferme. L’attachement intense relie.
Un enfant qui aime fort n’est pas un enfant qui veut posséder.
C’est un enfant qui veut exister dans la relation.
Quand l’adulte a peur de l’intensité..
.
Ce qui dérange souvent les adultes, ce n’est pas l’enfant. C’est ce que son intensité réveille en eux.
Un enfant qui s’attache fort nous oblige à nous positionner.
Un enfant qui aime sans filtre nous confronte à notre propre rapport au lien, à la distance, à l’engagement.
Alors on commence à mettre des étiquettes.
Trop collant.
Trop dépendant.
Trop envahissant.
Pas assez autonome.
Mais très souvent, ce que l’on appelle manque d’autonomie est en réalité un décalage développemental.
L’enfant n’a pas encore internalisé la sécurité affective.
Il a encore besoin de la sentir à l’extérieur pour pouvoir la construire à l’intérieur.
L’autonomie ne se décrète pas.
Elle se construit sur une base sécurisée.
Aimer trop, c’est souvent aimer juste...
Chez les enfants neuroatypiques, l’amour, l’intérêt et la passion ne sont pas modulés par des filtres sociaux. Ils sont directs. Bruts. Entiers.
Ils peuvent aimer une personne pendant un mois avec la même intensité que d’autres aiment toute une vie.
Ils peuvent se plonger dans une passion jusqu’à l’oubli du reste.
Ils peuvent s’investir émotionnellement au point d’en être épuisés.
Ce n’est pas une faiblesse.
C’est un mode de fonctionnement.
Et quand cet enfant devient adulte, on le retrouve souvent comme quelqu’un de passionné, engagé, exigeant, hypersensible, parfois blessé, mais profondément vivant.
Ce dont ils ont vraiment besoin...
Les enfants qui aiment trop n’ont pas besoin qu’on les refroidisse.
Ils ont besoin qu’on les structure.
Ils ont besoin :
- d’adultes qui restent présents sans se laisser déborder
– de limites claires sans retrait affectif
– d’un cadre qui sécurise sans éteindre
L’objectif n’est jamais de réduire l’intensité.
L’objectif est de lui offrir un contenant.
Un enfant qui aime fort, quand il est sécurisé, devient un adolescent capable d’aimer sans se perdre.
Puis un adulte capable de créer, d’inventer, de s’engager, de ressentir le monde avec profondeur.
Conclusion !
Aimer trop n’est pas un symptôme.
C’est une manière d’être.
Chez les enfants TDAH, TSA et HP, c’est souvent une force mal comprise. Une intensité qui demande à être accompagnée, pas corrigée.
Un jour, ce sont justement ces enfants-là qui sauront aimer avec courage, avec profondeur, avec fidélité.
À condition que, quand ils étaient petits, quelqu’un ait eu la sagesse de ne pas leur demander d’aimer moins, mais de les aider à aimer mieux...



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