Ils répondent à côté ! "Mais t'es c** ou quoi ?"
- Christopher Trisman
- 7 déc. 2025
- 2 min de lecture

Certaines personnes répondent « à côté ». Elles font des liens inattendus, empruntent des chemins de pensée que d’autres ne comprennent pas toujours.
Leurs réponses surprennent, dérangent parfois, sont jugées trop rapides, trop lointaines ou simplement hors cadre.
Trop souvent, ce décalage est interprété comme une erreur, un manque d’attention ou un manque d’effort.
Alors qu’il s’agit, bien souvent, d’un fonctionnement différent.
Dans le TDA/H, la pensée est rapide, multiple, en arborescence. Elle part dans plusieurs directions simultanément.
Dans la dyslexie ou la dysorthographie, le rapport aux mots, au langage écrit, aux sons, suit une logique qui n’est pas celle de la norme scolaire.
Chez les personnes à haut potentiel, les idées affluent en cascade.
Dans les troubles du spectre de l’autisme, la perception du monde, la communication et la logique répondent à d’autres codes.
Dans tous ces cas, il ne s’agit pas d’un manque, mais d’une organisation différente du cerveau.
Ce qui est perçu comme une réponse « à côté » est parfois simplement une réponse venue d’un autre angle.
Ce qui est jugé comme de la distraction est parfois une surcharge.
Ce qui est pris pour de la maladresse est parfois une pensée trop rapide pour les cadres habituels.
La norme rassure. La différence interroge.
Alors on corrige, on recadre, on interprète. Et parfois, sans même s’en rendre compte, on blesse.
Parce qu’on attend une seule manière de comprendre, une seule manière de répondre, une seule manière de raisonner.
Pourtant, ces fonctionnements sont classiques, fréquents, profondément humains. Ils existent chez les enfants comme chez les adultes. Ils traversent l’école, le travail, les relations, la vie quotidienne.
Ils demandent parfois plus de temps, plus de souplesse, plus d’adaptations. Mais ils portent aussi une richesse immense : créativité, intuition, sensibilité, originalité, capacité à voir ce que d’autres ne voient pas.
Penser autrement n’est pas un problème à corriger.
C’est une réalité à comprendre.
Et surtout, une richesse à respecter.
Changer le regard, ce n’est pas nier les difficultés. C’est reconnaître que derrière une réponse inattendue, il n’y a pas de provocation ni de mauvaise volonté, mais bien souvent une autre manière de faire des liens, d’analyser, de percevoir le monde.
Et cette différence-là mérite d’être entendue, pas écrasée...



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