Inattention ou TDAH : une différence de nature, pas de bonne volonté...
- Christopher Trisman
- il y a 6 jours
- 3 min de lecture

La confusion est fréquente, presque automatique.
Un enfant qui décroche, qui oublie, qui semble ailleurs… et très vite, le doute s’installe : est-il simplement inattentif ou a-t-il un TDAH ?
La tentation est grande de chercher la réponse dans le comportement visible.
Pourtant, ce qui distingue réellement l’inattention d’un TDAH ne se voit pas toujours. Cela se joue dans le fonctionnement interne, pas dans l’effort apparent.
L’inattention : un état, pas un fonctionnement !
Être inattentif est une expérience humaine courante.
Un enfant peut perdre le fil lorsqu’il est fatigué, stressé, peu intéressé ou submergé émotionnellement.
Son attention fluctue, mais reste globalement mobilisable.
Lorsque le cadre est ajusté, lorsque l’enjeu est clair ou que l’adulte soutient, l’enfant peut se recentrer.
Les oublis sont ponctuels. Les difficultés n’envahissent pas l’ensemble de sa vie quotidienne.
L’inattention est contextuelle. Elle dépend de l’environnement, du moment, de l’état émotionnel.
Le TDAH : un fonctionnement durable et transversal...
Chez les enfants qui ont un TDAH, la difficulté est d’une autre nature.
Il ne s’agit pas d’un manque d’attention, mais d’une difficulté à réguler cette attention dans le temps, quels que soient la motivation ou l’enjeu.
L’enfant veut faire. Il comprend. Il essaie.
Mais son cerveau ne lui permet pas de mobiliser ses ressources de manière stable.
Les oublis deviennent chroniques, l’organisation fragile, l’impulsivité difficile à freiner.
La variabilité attentionnelle est extrême : parfois très concentré, parfois totalement débordé.
Ce contraste nourrit souvent des malentendus profonds avec les adultes.
Pourquoi les contextes peuvent tromper ?
Un même enfant peut sembler aller bien dans un lieu et être en grande difficulté dans un autre.
Cela ne permet pas, à lui seul, de trancher entre inattention et TDAH.
Certains enfants qui ont un TDAH tiennent à l’école grâce à une structure forte, une pression externe et des repères clairs, puis s’effondrent à la maison lorsque cette régulation disparaît.
D’autres montrent l’inverse : un apaisement relatif à la maison, où les exigences sont plus souples, et une surcharge à l’école, où le rythme et les stimulations deviennent ingérables.
Et parfois, les difficultés sont présentes partout, sans espace de récupération réelle.
Ce ne sont pas les lieux qui parlent, mais la manière dont l’enfant s’y adapte, et le coût que cela représente pour lui.
Le critère le plus fiable : l’écart entre vouloir et pouvoir...
La distinction essentielle se situe souvent là.
Un enfant inattentif peut généralement ajuster son comportement lorsqu’il est soutenu.
Un enfant qui a un TDAH accumule un décalage douloureux entre ce qu’il veut faire et ce qu’il parvient réellement à faire.
Il sait. Il veut. Mais il n’y arrive pas de façon constante.
Cet écart, lorsqu’il est durable, transversal et source de souffrance, constitue un signal bien plus pertinent que le simple niveau d’attention observé.
Ne pas confondre évitement et choix...
Lorsque l’enfant évite une tâche, fuit ou s’oppose, la lecture est souvent rapide.
Pourtant, chez les enfants qui ont un TDAH, l’évitement est fréquemment une réponse à la surcharge, pas une stratégie de confort.
Le cerveau apprend à éviter ce qui met en échec. Non par manipulation, mais par protection.
Conclusion !
Distinguer l’inattention du TDAH, ce n’est pas chercher où l’enfant “fonctionne le mieux”.
C’est comprendre comment il fonctionne, dans la durée, face aux exigences du quotidien.
Réduire cette distinction à une question de volonté ou de contexte, c’est passer à côté de l’essentiel.
Prendre en compte le fonctionnement interne, les écarts, les coûts invisibles, c’est offrir à l’enfant un regard plus juste.
Et parfois, ce regard suffit déjà à transformer l’accompagnement.



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