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"C’est pas grave !" … Vraiment ?


On a tous déjà sorti (ou entendu) ce fameux « C’est pas grave ».


 Ton enfant rate un but au foot à la récré : « C’est pas grave ».


 Il perd son stylo préféré : « C’est pas grave ».


 Il se fait traiter par un copain : « C’est pas grave ».


Mais attendez deux secondes… pas grave pour QUI ? Pour vous, adulte, qui avez déjà encaissé 542 petites galères dans la semaine (dont la moitié concernent votre lave-vaisselle). Mais pour lui, c’est peut-être la fin du monde...


Le poids des mots (et du cerveau qui les reçoit)


Scientifiquement, ce qui se passe, c’est que le cerveau de l’enfant, surtout quand il est TDA, TSA ou HP, a une hyperréactivité émotionnelle.


  • Le système limbique (celui qui gère les émotions) s’active comme une alarme incendie un peu trop sensible : une bougie et hop, c’est comme si la maison brûlait.

  • Le cortex préfrontal (celui qui régule, qui dit « calme-toi, ce n’est pas si grave ») n’est pas encore totalement mature. Du coup, difficile de relativiser.

  • Et pour certains enfants HP ou TSA, les mots sont pris au premier degré, sans nuance. « Pas très gentil » → peut être entendu comme « Tu es méchant ».


Résultat ? Ce petit mot banal de l’adulte devient un séisme émotionnel pour l’enfant.

 « C’est pas grave » = Minimisation involontaire...


Quand on dit « C’est pas grave », notre intention est souvent bonne : consoler, rassurer. Mais pour l’enfant, ça peut sonner comme :


  • « Tes émotions ne comptent pas »

  • « Je n’ai pas le droit d’être triste / fâché »

  • « Je suis trop sensible »


Et là, bonjour le cocktail explosif entre culpabilité + incompréhension + intensité émotionnelle.


Quoi dire à la place ?


Pas besoin d’un dictionnaire de 1000 phrases positives. Juste ajuster un peu :


  • « Je comprends que ça t’embête »

  • « Oui, tu es triste, c’est normal »

  • « Raconte-moi ce qui est difficile pour toi »

  • « Tu voulais vraiment réussir, je vois que c’est important pour toi »

  • « On peut chercher ensemble une solution »


Conseils supplémentaires...


Mettre des mots sur l’émotion


 « Je vois que tu es déçu » / « On dirait que tu es en colère »

Nommer l’émotion aide l’enfant à la reconnaître et à l’apprivoiser.


Valider avant de relativiser


 Avant de dire « ça va passer », prenez deux secondes pour reconnaître l’importance de ce que l’enfant vit.


Utiliser l’humour avec précaution


Un petit sourire peut détendre, mais si l’enfant sent qu’on se moque, ça amplifie le problème.


Encourager l’expression créative


Dessiner, écrire, ou même construire avec des Lego ce qui s’est passé : ça permet à l’enfant de transformer son émotion.


Montrer par l’exemple


Si vous-même partagez vos « petites galères » du quotidien avec authenticité (« J’ai raté mon gâteau, j’étais déçu »), l’enfant apprend que c’est normal d’être touché par des détails.


En résumé :


« C’est pas grave » n’est pas interdit. Mais souvenons-nous que pour un enfant, surtout TDA, TSA ou HP, chaque petit événement peut résonner comme un gros écho émotionnel.


Nos mots, ce sont un peu comme des post-it collés sur leurs émotions : autant éviter d’écrire « bof » dessus quand eux ressentent un « ouch ».

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