Pourquoi certains enfants sabotent… quand tout semble aller bien ?
- Christopher Trisman
- 26 avr.
- 2 min de lecture

C’est souvent dans les moments où tout se passe bien que cela arrive.
Une activité qui fonctionne.
Un moment agréable.
Une relation apaisée.
Et puis, sans prévenir, l’enfant dit quelque chose, fait un geste, provoque… et tout bascule.
Pour l’adulte, c’est incompréhensible.
Pourquoi casser ce qui est en train de bien se passer ?
Quand le “ça va bien” devient instable
Pour certains enfants neuroatypiques, les moments où tout va bien ne sont pas toujours sécurisants.
Parce qu’ils sont… fragiles.
L’enfant peut ressentir, sans toujours le formuler :
– que ça ne va pas durer
– que quelque chose va finir par déraper
– qu’il ne va pas réussir à maintenir cet état
Alors, plutôt que d’attendre que ça se casse tout seul, il provoque la rupture.
Garder la main sur ce qui va se passer
Saboter, dans ces moments-là, peut être une manière de reprendre le contrôle.
Si ça doit s’arrêter, autant que ce soit lui qui décide quand et comment.
Ce n’est pas réfléchi.
C’est une manière de ne pas subir une fin qu’il ne maîtrise pas.
La difficulté à maintenir un état interne
Chez certains enfants, notamment ceux qui ont un TDAH, maintenir un état stable est coûteux.
Quand tout va bien, cela demande :
– de rester régulé
– de contenir certaines impulsions
– de maintenir l’attention
– de ne pas déborder
Et au bout d’un moment, cette régulation fatigue.
Le comportement qui “sabotage” n’est pas toujours un choix.
C’est parfois un débordement.
L’intensité émotionnelle qui déborde
Chez certains profils, notamment à haut potentiel, les émotions peuvent être très intenses.
Même les émotions positives.
La joie, l’excitation, le plaisir… peuvent monter très vite.
Et quand cela devient trop intense, l’enfant peut :
– provoquer
– casser le moment
– changer brutalement de ton
Non pas parce qu’il ne va pas bien, mais parce que c’est devenu trop à contenir.
Une manière de tester la solidité du lien
Parfois, ces moments-là sont aussi des tests.
Inconscients.
– Est-ce que le lien tient même si je déborde ?
– Est-ce que l’adulte reste là si je casse le moment ?
L’enfant ne formule pas ces questions.
Mais elles peuvent être présentes.
Ce que l’enfant ne fait pas
Il ne cherche pas à gâcher.
Il ne cherche pas à frustrer.
Il ne cherche pas à provoquer gratuitement.
Il essaie de gérer quelque chose qui, à ce moment-là, devient trop instable ou trop intense pour lui.
Ce que cela demande à l’adulte
Pour l’adulte, ces moments sont difficiles.
Parce qu’ils viennent casser quelque chose de positif.
Parce qu’ils donnent l’impression que rien ne tient.
Et pourtant, comprendre ce mécanisme permet de ne pas réduire cela à de la mauvaise volonté.
Conclusion !
Quand un enfant sabote un moment où tout va bien, ce n’est pas forcément qu’il ne veut pas que ça aille bien.
C’est parfois qu’il ne parvient pas encore à rester dans ce “bien” sans que cela lui échappe.
Et c’est à cet endroit-là que l’accompagnement prend tout son sens.



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