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Ce que l’enfant ne mesure pas… mais que l’adulte porte en silence...


Dans la relation avec un enfant neuroatypique, il y a ce qui se voit.


Les comportements.

Les réactions.

Les mots parfois forts.

Les moments de proximité… et ceux de distance.


Et puis il y a tout le reste.

Ce que l’enfant ne voit pas.

Ce que l’adulte ne dit pas.


Une relation qui bouge… parfois sans prévenir


Avec certains enfants, le lien n’est pas linéaire.


Il peut être très proche un jour, plus distant le lendemain.

Chaleureux, puis fermé.

Demandeur… puis opposant.


L’enfant avance avec ses émotions, ses besoins, ses phases.


Mais pour l’adulte, ces fluctuations ne sont pas toujours simples à comprendre.


Et il est important de rappeler une chose essentielle : c’est un enfant.


On ne peut pas attendre de lui :


– la constance

– la stabilité émotionnelle

– la cohérence relationnelle qu’un adulte construit avec le temps.


Quand les initiatives déstabilisent


Par moments, l’enfant prend des initiatives : il se rapproche, il partage, il s’ouvre.


Puis, sans transition apparente, il peut se refermer, éviter, couper le lien.


Ce qui, pour lui, est un mouvement naturel,

devient pour l’adulte une question :


– Qu’est-ce qui a changé ?

– Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ?


Et parfois une autre question s’invite, plus inconfortable :


– Est-ce qu’il se joue de moi ?


Dans la plupart des situations, il ne s’agit pas de manipulation.


Il s’agit d’un fonctionnement encore immature, d’émotions qui fluctuent, d’un lien qui se construit… avec des allers-retours.


Ces bascules laissent souvent l’adulte dans l’incertitude.


Le repli et la colère : deux langages difficiles à lire


Quand l’enfant se referme, quand il ne répond plus, ou au contraire quand il explose, s’oppose, se met en colère, il exprime quelque chose.


Mais ce langage n’est pas toujours lisible.


Chez certains enfants, notamment ceux qui ont un TDAH, le manque d’inhibition joue un rôle important : ils peuvent agir, parler, réagir très vite… sans avoir eu le temps de réfléchir.


Ce qui sort est alors souvent plus fort, plus brut, parfois disproportionné.


Non pas par intention, mais parce que le filtre interne n’a pas encore fait son travail.


L’adulte se retrouve alors à essayer de comprendre :


– ce qui se joue

– ce qui a débordé

– ce qui aurait pu être fait autrement


Et cela demande une attention constante.


Quand l’enfant change en grandissant


Avec le temps, l’enfant évolue.

Ses besoins changent.

Sa manière d’être en relation aussi.


Ce qui fonctionnait avant ne fonctionne plus forcément.

Les repères se déplacent.


Et l’adulte doit réajuster… parfois sans vraiment comprendre ce qui est en train de changer.


Ce que l’adulte ne maîtrise pas


Dans cette relation, il y a aussi une réalité difficile à accepter : l’adulte ne peut pas tout contrôler.


Il ne contrôle pas :


– les liens que l’enfant crée ailleurs

– ce qu’il ressent profondément

– ce qu’il choisit de dire… ou de garder pour lui

– la manière dont il interprète les situations


Même très présent, très attentif, très engagé, l’adulte reste parfois à l’extérieur de ce qui se joue à l’intérieur de l’enfant.


Et cette part d’incertitude fait partie du lien.


Ce que l’enfant ne mesure pas


L’enfant ne fait pas “exprès” de déstabiliser.


Il ne mesure pas toujours :


– l’effet de ses allers-retours relationnels

– l’impact de ses silences

– la portée de ses mots ou de ses refus


Il vit, il réagit, il s’ajuste comme il peut.


Ce que l’adulte porte


De son côté, l’adulte continue de tenir le lien.


Il absorbe les variations.

Il encaisse les moments plus durs.

Il reste présent, même quand la relation devient floue.

Il doute parfois.

Il cherche à comprendre.

Il ajuste sans cesse.


Tout cela se fait souvent en silence.


Trouver un équilibre


L’enjeu n’est pas de tout accepter, ni de tout comprendre parfaitement.


C’est de réussir à :


– rester stable dans un lien qui ne l’est pas toujours

– accompagner sans se perdre

– être présent… sans vouloir tout maîtriser


Conclusion !


Dans ces relations, il y a deux réalités qui coexistent.

Celle de l’enfant, faite de mouvements, d’intensité, de changements.

Et celle de l’adulte, faite de constance, de questionnements et d’ajustements silencieux.


Accepter cela, c’est déjà alléger le regard porté sur l’enfant… et sur soi.



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