TDA/H et l’art (parfois très compliqué) de s’arrêter !
- Christopher Trisman
- 2 nov. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 8 nov. 2025

Imagine un enfant en plein jeu, concentré à 200 % sur ses Lego, son jeu vidéo préféré (on évite GTA hein... Je vois tes yeux se lever au ciel d'ici...), ses tutos "skincare" factice ou sa construction de cabane.
Vous arrivez et vous dites :
« Allez, on range, on passe à table. »
Résultat : grimace, bouderie, soupir dramatique, voire petite tempête émotionnelle digne d’un Oscar.
Alors, pourquoi ce changement de décor digne d’un film catastrophe ?
Un cerveau qui carbure autrement...
Chez l’enfant TDA/H, le cerveau adore l’hyperfocus : quand il aime une activité, il y plonge comme un plongeur en apnée. Sauf que, quand on lui dit « stop », ce n’est pas un petit frein qu’il doit activer, mais plutôt un frein à main rouillé sur une voiture lancée à toute vitesse .
Les zones du cerveau qui gèrent l’inhibition et la flexibilité cognitive (coucou le cortex préfrontal ) fonctionnent un peu différemment.
Résultat : passer d’une activité plaisante à une contrainte peut sembler brutal et déclencher frustration, râlerie ou repli.
Et entre nous… qui aime qu’on l’arrête pile au milieu de son film préféré ?
La frustration : une réaction normale...
La bouderie ou le « non ! » à répétition, ce n’est pas toujours un caprice. C’est une réaction émotionnelle normale. Le cerveau de l’enfant TDA/H régule plus difficilement ses émotions, donc la déception peut s’exprimer de manière… sonore et théâtrale.
Alors, que faire pour éviter le drame ?
Bonne nouvelle : il existe des stratégies simples (qui demandent de la patience, de la répétition et de l'énergie) et scientifiquement validées pour limiter les conflits.
Prévenir avant d’agir : un timer, une petite alerte, ou simplement un « dans 10 minutes, on arrête ». Le cerveau a besoin de temps pour se préparer à la transition.
Donner des choix : « Tu préfères ranger d’abord les blocs rouges ou les bleus ? » → ça donne à l’enfant une impression de contrôle.
Valoriser le positif : « Tu as tellement bien construit, j’ai hâte que tu me montres après le repas. » → on reconnaît son investissement avant de couper court.
Créer des rituels de transition : une petite chanson, une routine rigolote (« Mission rangement activée ») aide à passer d’une activité à l’autre avec moins de tensions.
Accueillir l’émotion : « Je comprends que tu sois déçu, c’était chouette ce que tu faisais. » Lui laisser ensuite un peu de temps pour atterrir en ne prenant pas sa réaction pour soi... → reconnaître son ressenti diminue l’intensité de la frustration.
En résumé, l’enfant TDA/H n’est pas « capricieux » par essence : il vit simplement les transitions avec plus d’intensité. Avec un peu d’humour, de préparation, de patience et des outils concrets, on peut transformer les crises en mini-tempêtes passagères, et parfois même en sourires.

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