Quand le volume est toujours à fond !
- Christopher Trisman
- 8 nov. 2025
- 3 min de lecture

Vous avez l’impression de vivre avec un DJ qui teste ses enceintes H24 ? Entre les cris, les chansons improvisées à 7h du matin et le bruit permanent, vous vous demandez parfois si vous n’êtes pas devenus figurants dans une comédie musicale.
Rassurez-vous : si votre enfant TDA/H ou TSA fait beaucoup de bruit, ce n’est ni de la mauvaise volonté ni un défi personnel contre vos tympans.
C’est souvent lié à l’impulsivité verbale et aux difficultés de régulation.
Pourquoi ça arrive ?
Le cerveau agit plus vite que le frein : l’envie de crier sort avant même que la pensée “ce n’est pas le moment” n’arrive.
Besoin de stimulation : le bruit sert parfois de “fidget sonore”.
Gestion des émotions : le volume grimpe quand l’émotion monte.
Particularités sensorielles : le rapport au son est différent chez certains enfants TSA.
Outils concrets pour canaliser le bruit
Supports visuels
Un thermomètre du bruit (3 couleurs : vert = calme, orange = normal, rouge = trop fort).
Une affiche avec pictos de “chuchoter / parler normalement / crier”.
Une petite échelle de la voix (1 = chuchoter, 5 = crier) pour s’entraîner à placer la voix selon le contexte.
Un petit smiley “voix calme” que l’enfant peut poser sur sa table.
Objets de substitution
Balles anti-stress, fidgets ou chewing-gums (quand c’est permis) pour occuper la bouche ou les mains.
Casques avec micro débranché → l’enfant parle dedans et a la sensation de s’entendre fort… sans déranger.
Sifflets ou kazoo “à temps limité” → exprimer le besoin autrement.
Une sonnette, un bâton de parole, ou un petit objet sonore doux pour attirer l’attention sans crier.
Rituels et jeux de régulation
“Minute chuchotée” : un moment du jeu où tout le monde parle tout bas → valoriser ceux qui réussissent.
“Chanter pour décharger” : autoriser 5 minutes de chant/cri dans un espace défini, puis retour au calme.
Jouer avec la voix : “voix de souris” , “voix de géant” , “voix de robot” → transformer l’exercice en jeu.
Avant les moments où il crie beaucoup (repas, devoirs, rentrée de classe), rappeler l’échelle de voix comme petit rituel.
Régulation de l’énergie
Pause motrice : sauter, courir, danser = évacuer l’énergie autrement.
Créer un coin défouloir (ballon de baudruche, coussin de colère).
Mettre en place de mini-pauses actives (se lever, sauter 10 fois, marcher vite 1 minute).
Nommer et valider
Dire calmement : « Je comprends que tu es fâché/excité, mais je ne t’entends pas bien quand tu cries. »
Montrer l’exemple avec une voix posée → le cerveau miroir aide l’enfant à imiter.
Environnement adapté
Réduire le bruit ambiant (TV, musique de fond).
Installer un coin “bruit autorisé” (garage, chambre, jardin).
Prévoir des casques anti-bruit pour l’enfant… ou pour vous .
Renforcement positif
Féliciter chaque effort de volume contrôlé (“J’ai aimé quand tu as parlé doucement pour m’expliquer ça”).
Petits jetons/stickers chaque fois qu’il garde une voix adaptée → cumul pour un privilège sympa.
Valoriser même les petits progrès : “Bravo, tu as utilisé ta voix 2 au lieu de crier, j’ai tout de suite entendu.”
Auto-évaluation ludique
Demander régulièrement : “Ton volume, il est comment ? Bas, moyen ou fort ?” → avec un support visuel.
Jeux de rôle : imiter un animateur TV, un narrateur de dessin animé ou une voix très basse → amusant et efficace.
Donner un mot de code, une carte ou un geste pour signaler qu’on veut attirer l’attention sans crier.
En résumé
Votre enfant n’est pas une alarme incendie défectueuse : il cherche à s’exprimer, se réguler ou se stimuler.
En combinant outils visuels, objets de substitution, rituels ludiques, validation et encouragements, vous pouvez l’aider à baisser le volume sans éteindre sa voix.
Le secret ?
Transformer le cri en jeu ou en compétence à acquérir, plutôt que de le vivre comme une punition.
Et qui sait… peut-être que dans 10 ans, ce talent vocal vous offrira des places VIP pour son premier concert.



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