Ignorer ou ne pas ignorer ? Telle est la question (et elle mérite mieux qu’un simple “ça dépend”)...
- Christopher Trisman
- 8 nov. 2025
- 2 min de lecture

Lorsqu’un enfant avec un TDA, un TSA ou un haut potentiel vit une crise émotionnelle ou une intolérance à la frustration, beaucoup d’adultes se posent la fameuse question : « Est-ce que je dois l’ignorer pour ne pas “renforcer” son comportement ? »
En théorie, ignorer certains comportements peut parfois désamorcer une escalade… mais (parce qu’il y a toujours un “mais”)… lorsque le cerveau d’un enfant neuroatypique est en pleine tempête émotionnelle, ce n’est pas un petit grain de sable qu’on ignore : c’est un ouragan intérieur.
Sur le plan scientifique, lorsqu’un enfant TDA ou TSA fait face à une frustration intense, le cerveau émotionnel (amygdale, système limbique) prend le dessus, tandis que les zones responsables du raisonnement et de l’autorégulation (le cortex préfrontal) sont temporairement déconnectées.
Ignorer à ce moment-là n’apaise pas : cela renforce le sentiment d’abandon ou d’incompréhension, ce qui peut aggraver la crise plutôt que de l’atténuer.
Des études en neurosciences affectives montrent que la co-régulation (un adulte calme, présent et sécurisant) aide davantage le cerveau de l’enfant à revenir à l’équilibre émotionnel. On ne “cède” pas : on offre un ancrage stable pendant que la vague émotionnelle passe.
Cela ne veut pas dire qu’il faut tout accepter ni se laisser marcher sur les pieds : il s’agit simplement de ne pas ignorer la détresse émotionnelle, même si on met une limite ferme au comportement inacceptable.
Un exemple très simple :
Si vous êtes en train de paniquer et que quelqu’un vous dit “je t’ignore, ça passera”, votre stress risque d’augmenter.
Si cette même personne reste calme, présente, et vous dit d’une voix posée “je suis là, respire…”, votre système nerveux a beaucoup plus de chances de se réguler.
Chez les enfants neuroatypiques, cette sécurité émotionnelle est un levier essentiel pour qu’ils puissent ensuite apprendre à mieux gérer leurs émotions.
Donc non, ignorer un enfant en crise n’est pas une bonne stratégie.
Oui, rester calme, contenir, poser le cadre, sans nourrir l’escalade, est bien plus efficace.
Et pour garder un peu de légèreté dans tout ça…
“Rester calme pendant une crise, c’est un peu comme tenir son parapluie sous un orage : vous ne contrôlez pas la pluie, mais vous pouvez éviter de finir trempé.”
En résumé :
Ignorer la détresse émotionnelle d’un enfant TDA, TSA ou HP : contre-productif.
Être présent, contenir et co-réguler : efficace et sécurisant.
Mettre des limites claires après la crise : essentiel pour l’apprentissage.



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