Hypersensibilité et TDA/H : un lien réel, mais pas une fusion...
- Christopher Trisman
- 8 nov. 2025
- 3 min de lecture

Vous êtes nombreux à me demander s’il existe un lien entre l’hypersensibilité et le TDAH.
Est-ce une seule et même réalité, ou bien deux traits distincts qui se croisent souvent ?
Et que vient faire là-dedans le haut potentiel intellectuel ou émotionnel ? Essayons d’y voir clair, simplement.
Ce que la science en dit...
Les recherches récentes montrent clairement qu’il existe une corrélation entre le TDA/H et l’hypersensibilité, qu’elle soit sensorielle (bruits, lumière, toucher, odeurs…) ou émotionnelle (réactions fortes aux émotions, sensibilité au rejet, empathie intense).
Autrement dit, les personnes avec un TDA/H sont plus nombreuses que la moyenne à présenter une sensibilité accrue à leur environnement et à leurs émotions.
Mais cette corrélation ne signifie pas que l’hypersensibilité est le TDA/H.
Beaucoup de personnes hypersensibles n’ont aucun trouble de l’attention, et inversement, certaines personnes TDA/H ne se reconnaissent pas du tout dans cette hypersensibilité.
Ce sont donc deux réalités différentes, mais qui partagent des mécanismes communs : une réactivité cérébrale élevée, une difficulté à filtrer les stimuli, et une gestion émotionnelle plus intense.
En résumé, il existe un chevauchement fréquent, mais pas une équivalence.
Haut potentiel intellectuel, haut potentiel émotionnel : deux visages différents...
Il est utile ici de distinguer deux notions souvent confondues :
Le haut potentiel intellectuel (HPI) concerne avant tout les capacités cognitives : raisonnement rapide, grande curiosité, pensée en arborescence, besoin de sens.
Le haut potentiel émotionnel (HPE) renvoie davantage à la sphère affective : empathie profonde, intuition sociale fine, compréhension nuancée des émotions.
Le HPI n’implique pas forcément une hypersensibilité émotionnelle, et le HPE n’est pas forcément synonyme de QI élevé.
Les deux peuvent exister ensemble… ou séparément. Ce qui compte, c’est de reconnaître son propre mode de fonctionnement plutôt que de chercher une étiquette. Ce que cela change au quotidien !
Être hypersensible ou vivre avec un TDA/H, c’est souvent ressentir plus fort, plus vite et plus longtemps.
Une remarque anodine peut blesser, un bruit de fond peut devenir insupportable, un désaccord peut prendre des proportions énormes.
Cette intensité est souvent difficile à faire comprendre aux autres, qui y voient parfois de l’exagération. Pourtant, il s’agit d’un fonctionnement neurologique réel, pas d’un choix.
Pour les enfants, cela signifie qu’ils peuvent vite être submergés, passer du rire aux larmes, ou exploser sans comprendre pourquoi.
Pour les adultes, cela se traduit souvent par un besoin plus grand de calme, de reconnaissance et d’espaces où l’on se sent compris.
Comment agir, concrètement ?
Aménagez l’environnement sensoriel : lumière douce, temps calmes, limitation du bruit ou des sollicitations multiples.
Apprenez à identifier les signaux de surcharge : fatigue, irritabilité, tension physique.
Exprimez vos besoins clairement : « Je suis sensible à… », « J’ai besoin de… ».
Valorisez vos forces : empathie, créativité, intuition, intensité émotionnelle.
Aidez les enfants à mettre des mots sur leurs émotions, à reconnaître ce qui les submerge, et à s’autoriser des pauses sans culpabilité.
En conclusion !
L’hypersensibilité et le TDA/H ne sont pas synonymes, mais ils se croisent souvent.
Le haut potentiel, qu’il soit intellectuel ou émotionnel, vient encore enrichir cette palette de différences.
Ce qui les relie tous, c’est une intensité de perception et d’émotion que le monde extérieur comprend encore mal.
Plutôt que de la voir comme une faiblesse, apprenons à l’accueillir comme une autre façon de ressentir, de comprendre et d’aimer.



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