Ces enfants qu’on oublie parfois dans la cour de récré…
- Christopher Trisman
- 8 nov. 2025
- 3 min de lecture

Vous les avez sûrement déjà vus. Ceux qui tournent autour d’un groupe sans vraiment en faire partie.
Ceux qui veulent jouer, mais s’y prennent “mal”. Ceux qu’on trouve “bizarres”, “trop dans leur monde” ou “trop envahissants”.
Ces enfants-là, ce sont souvent ceux qui ont un TDA/H, un haut potentiel, un trouble du spectre de l’autisme, ou simplement un fonctionnement un peu atypique. Et dans la jungle sociale qu’est la cour de récré, c’est souvent eux qu’on retrouve seuls, sur le banc du fond.
Ce que dit la science : quand le cerveau joue les trouble-fêtes...
Des études en neurosciences montrent que les enfants avec un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) ont souvent des difficultés dans la régulation des émotions et des interactions sociales.
Leur cerveau traite les signaux sociaux différemment :
L’impulsivité peut les amener à couper la parole, à s’imposer dans un jeu déjà lancé ou à réagir trop vite.
L’inattention fait qu’ils ne perçoivent pas toujours les règles implicites d’un groupe (“Ah bon, on devait attendre son tour ?”).
L’hyperactivité, enfin, peut être interprétée comme de la maladresse ou un manque d’intérêt.
Résultat : les autres enfants, qui ne comprennent pas ces comportements, peuvent les juger “agaçants”, “étranges” ou “trop bruyants”. Et petit à petit, ces enfants si curieux, si vifs, se retrouvent à l’écart, non pas par manque d’envie, mais par décalage.
Ce n’est pas un manque de volonté...
Ce n’est pas qu’ils ne veulent pas s’intégrer, c’est qu’ils n’ont pas toujours les bons outils sociaux.
Imaginez qu’on vous invite à jouer une partie d’échecs… sans jamais vous avoir expliqué les règles. Vous feriez sûrement des erreurs, vous perdriez patience, et les autres risqueraient de ne plus vouloir jouer avec vous. Eh bien, c’est exactement ce qui se passe pour beaucoup d’enfants TDA/H, HP ou TSA dans la cour de récré.
Comment les aider à trouver leur place ?
Créer des “zones refuge”
Un petit espace calme, où l’enfant peut se ressourcer sans être “celui qui ne joue pas”. Un banc de l’amitié, un coin dessin, ou une zone sensorielle sont de vraies bouffées d’air.
Encourager les jeux à règles claires
Les jeux libres, c’est super… mais pas pour tout le monde. Un ballon avec des règles simples, un jeu de société ou une activité encadrée peuvent aider à structurer les interactions.
Sensibiliser les autres enfants
Avec des mots simples : “Chacun a un cerveau qui fonctionne un peu différemment, et c’est ça qui rend la cour intéressante !” Apprendre à accueillir la différence, c’est aussi apprendre la tolérance.
Soutenir la confiance sociale
Valorisez les petits pas : “Tu as attendu ton tour, c’est super !” ou “Tu as proposé une idée sans t’énerver, bravo !”. Ces encouragements construisent la sécurité intérieure.
Former et impliquer les adultes
Les enseignants et surveillants sont des piliers. Un regard bienveillant, une médiation discrète, une main posée sur l’épaule peuvent tout changer.
En résumé
Ces enfants n’ont pas besoin qu’on les “corrige”, mais qu’on les comprenne.
Leur cerveau ne cherche pas à déranger, il cherche juste à exister autrement. Et si on prenait le temps de leur donner les codes du jeu, peut-être qu’ils nous surprendraient par leur créativité, leur imagination ou leur humour décapant.
Alors, la prochaine fois que vous verrez un enfant seul dans la cour… pensez-y : il n’a peut-être pas besoin d’un sermon, mais d’un allié. Parce que personne ne devrait avoir à jouer seul contre tous à la récré.



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