Quand les parents ne sont pas les ennemis de l’école...
- Christopher Trisman
- il y a 3 jours
- 2 min de lecture

L’enfant pris entre deux mondes...
Pour un enfant qui a un TDAH, un TSA ou un haut potentiel, l’école et la maison sont deux univers très exigeants.
À l’école, il doit tenir le cadre, gérer la stimulation, se concentrer, comprendre des règles parfois implicites.
À la maison, il relâche souvent ce qu’il a contenu toute la journée.
Quand les adultes de ces deux mondes se méfient les uns des autres, l’enfant se retrouve au milieu.
Il porte des loyautés contradictoires.
Il adapte son discours.
Il cache certaines choses.
Il essaie de ne pas décevoir.
Ce n’est pas une posture consciente.
C’est une stratégie de survie relationnelle.
Pourquoi les parents semblent parfois “compliqués” ?
Les parents d’enfants neuroatypiques voient des choses que l’école ne voit pas toujours.
Ils voient l’effondrement après la journée.
Les colères du soir.
La fatigue extrême.
Les nuits hachées.
Les crises qui n’arrivent pas en classe, mais explosent à la maison.
Quand ils demandent des adaptations, ce n’est pas pour obtenir des privilèges.
C’est souvent parce qu’ils savent ce que coûte chaque journée à leur enfant.
Ils ne défendent pas un caprice.
Ils défendent un équilibre fragile.
Pourquoi l’école se sent parfois attaquée ?
Les enseignants, de leur côté, travaillent dans un système parfois sous tension.
Des classes chargées.
Des programmes serrés.
Des injonctions contradictoires.
Des élèves très différents.
Quand un parent questionne, insiste ou demande des aménagements, cela peut être vécu comme une remise en cause du professionnalisme.
Pas parce que le parent a tort.
Mais parce que la pression est déjà énorme.
Chacun se défend.
Et l’enfant regarde.
Quand la relation adulte devient le vrai problème...
Dans beaucoup de situations, ce n’est pas le trouble qui fait le plus de dégâts.
C’est le conflit entre les adultes.
Un enfant TDAH, TSA ou à haut potentiel est extrêmement sensible au climat relationnel.
Quand les adultes se crispent, il se crispe.
Quand ils se soupçonnent, il se protège.
Quand ils se battent, il se sent responsable.
Il apprend alors à ne plus dire.
À ne plus demander.
À se suradapter.
Ce qui aide vraiment...
Ce qui aide, ce n’est pas que l’un gagne contre l’autre...
C’est que les adultes se parlent autour de l’enfant.
Cela passe par :
- reconnaître que chacun voit une partie différente de la réalité
- accepter que le parent connaît son enfant dans un autre contexte
- accepter que l’enseignant connaît les contraintes du groupe
- chercher ensemble des ajustements réalistes
- sortir de la logique de faute pour entrer dans celle de fonctionnement
Un enfant neuroatypique n’a pas besoin d’un camp contre l’autre.
Il a besoin d’adultes qui coopèrent malgré leurs désaccords.
Ce que l’enfant apprend quand les adultes coopèrent...
Quand les parents et l’école travaillent ensemble, l’enfant apprend quelque chose de fondamental.
Que ses difficultés ne font pas de lui un problème.
Qu’on peut adapter sans humilier.
Qu’on peut demander sans déranger.
Qu’on peut exister sans se cacher.
C’est là que l’autonomie se construit vraiment.
Conclusion !
Les parents ne sont pas les ennemis de l’école.
L’école n’est pas l’ennemie des parents.
Ce qui fragilise les enfants neuroatypiques, ce ne sont pas les différences de point de vue.
Ce sont les guerres silencieuses autour d’eux.
Quand les adultes se rencontrent plutôt que de s’affronter, l’enfant respire enfin.



Commentaires