Quand le TDA cache autre chose : le trouble de l’attachement...
- Christopher Trisman
- 8 nov. 2025
- 2 min de lecture

Vous avez peut-être déjà entendu cette phrase : « On dirait qu’il a un TDA/H… ».
Et pourtant, certains comportements qui ressemblent au TDA/H (inattention, agitation, impulsivité) peuvent avoir une autre origine. Parmi ces “faux jumeaux”, il y a le trouble de l’attachement.
Mais c’est quoi, au juste ?
Le trouble de l’attachement apparaît quand l’enfant n’a pas pu construire une relation sécurisante et stable avec ses figures de référence.
Cela peut être lié à des ruptures précoces, à des négligences, ou encore à des contextes familiaux instables.
Résultat : l’enfant développe des stratégies relationnelles différentes, parfois déroutantes.
Et c’est là que la confusion commence :
Difficulté à se concentrer → on pense “TDAH”
Besoin d’attention constant → on pense “hyperactivité”
Changements d’humeur rapides → on pense “impulsivité”
En réalité, ce sont parfois des tentatives (inconscientes) de gérer un manque de sécurité affective.
Les points communs… et les différences...
Un enfant ou un adulte avec un trouble de l’attachement peut :
Être distrait, car son énergie est mobilisée par ses émotions plutôt que par la tâche ;
Avoir du mal à réguler ses émotions et son comportement ;
Chercher à attirer ou à repousser l’autre de manière intense, ce qui peut ressembler à de l’instabilité.
La différence, c’est que dans le TDA/H, le cerveau a des particularités de fonctionnement liées à la dopamine et à la régulation attentionnelle.
Dans le trouble de l’attachement, le cœur du problème se situe dans la relation et le vécu émotionnel.
Pistes concrètes pour aider !
Pour les enfants :
Mettre en place des rituels rassurants (ex. : petit mot dans la boîte à tartines, câlin avant les devoirs).
Favoriser les activités qui créent du lien (jeux coopératifs, moments privilégiés en tête-à-tête).
Travailler la gestion des émotions avec des outils simples : cartes émotions, respiration guidée, dessins.
Pour les adultes :
Prendre conscience de ses propres schémas relationnels (se demander : “Est-ce que je réagis à l’autre ou à ma peur d’être abandonné(e) ?”).
Apprendre à instaurer des relations saines et stables (oser poser des limites claires, mais bienveillantes).
Chercher un accompagnement thérapeutique (thérapie centrée sur les émotions, thérapie d’attachement, EMDR).
Et les autres “faux jumeaux” du TDA/H ?
Le trouble de l’attachement n’est pas le seul à brouiller les pistes.
L’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil, les troubles d'apprentissage ou encore un haut potentiel émotionnel peuvent aussi donner l’impression d’un TDA/H.
Mais rassurez-vous : on reviendra sur chacun d’entre eux dans de futurs articles.
En résumé : ce n’est pas toujours du TDA/H. Derrière un enfant distrait ou un adulte impulsif, il peut y avoir un cerveau qui fonctionne différemment… mais aussi un cœur qui cherche à se sécuriser



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