Pourquoi certains adultes qui ont un TDAH, un TSA ou un profil à haut potentiel se lassent vite… et changent souvent de voie !
- Christopher Trisman
- 8 avr.
- 2 min de lecture

On parle souvent d’instabilité professionnelle.
De parcours “en zigzag”.
De personnes qui changent de job, de projet, d’envie.
Et très vite, une lecture s’impose :
manque de constance, difficulté à s’engager, besoin de nouveauté permanent.
Mais chez certains adultes neuroatypiques, ce mouvement n’est pas toujours une fuite.
C’est souvent un signal.
Quand l’intérêt ne suffit plus à maintenir l’engagement
Beaucoup de personnes qui ont un TDAH ou un profil à haut potentiel peuvent s’investir très fortement… au début.
Elles apprennent vite.
S’impliquent.
S’enthousiasment.
Puis, à un moment, quelque chose bascule.
Ce n’est pas forcément le travail qui change.
C’est le niveau de stimulation interne.
Quand la tâche devient répétitive, prévisible, ou trop routinière, l’intérêt ne suffit plus à soutenir l’engagement.
Et sans cet appui, tout devient plus coûteux.
Le besoin de sens, plus marqué chez certains profils
Chez de nombreux adultes à haut potentiel notamment, le travail ne se résume pas à “faire”.
Il doit avoir du sens.
Quand ce sens disparaît, ou n’est plus perçu, une forme de décalage s’installe.
– pourquoi je fais ça ?
– à quoi ça sert vraiment ?
– est-ce que ça me correspond encore ?
Ces questions ne sont pas accessoires.
Elles deviennent centrales.
Et quand elles restent sans réponse, le désengagement commence.
Chez les profils TSA : la question de l’environnement
Pour certaines personnes qui ont un TSA, ce n’est pas tant le travail en lui-même qui pose problème, mais le contexte.
– bruit
– interactions sociales constantes
– imprévisibilité
– attentes implicites
Même dans un poste intéressant, un environnement mal ajusté peut devenir épuisant.
Avec le temps, ce n’est pas la motivation qui lâche.
C’est la capacité à supporter le cadre.
Le rôle de la fatigue invisible
Ce que l’on appelle “se lasser” est parfois en réalité une forme de fatigue.
Pas une fatigue liée au travail en soi,
mais à tout ce qu’il faut gérer autour :
– s’adapter
– se contenir
– répondre aux attentes
– compenser certaines difficultés
Quand cette fatigue s’accumule, le changement devient une manière de respirer.
Le malentendu autour de la stabilité
La société valorise les parcours linéaires.
La continuité.
La stabilité.
Mais certains fonctionnements ne s’inscrivent pas naturellement dans cette logique.
Changer ne signifie pas toujours fuir.
Cela peut être :
– chercher un meilleur ajustement
– retrouver de l’énergie
– réaligner ses besoins avec son environnement
Une autre manière de construire un parcours
Avec le temps, beaucoup d’adultes neuroatypiques apprennent à mieux se connaître.
Ils comprennent :
– ce qui les épuise
– ce qui les stimule
– ce qui leur permet de durer
Et leur parcours devient moins subi, plus choisi.
Parfois toujours non linéaire… mais plus cohérent.
Conclusion !
Se lasser, changer, recommencer…
n’est pas toujours le signe d’un problème.
Chez certains adultes qui ont un TDAH, un TSA ou un profil à haut potentiel, c’est souvent une manière de chercher un équilibre entre leurs capacités, leurs besoins et leur environnement.
Et comprendre cela, c’est déjà sortir d’un jugement rapide… pour entrer dans une lecture plus juste du parcours.
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