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Perfectionnisme et profils neuroatypiques : quand vouloir bien faire devient un piège...



Le perfectionnisme est souvent perçu comme une qualité.


Être exigeant, précis, investi, soucieux du détail… Dans notre société, cela est valorisé.


Mais chez de nombreux enfants, adolescents et adultes qui ont un TDAH, un TSA ou haut potentiel, le perfectionnisme n’est pas un moteur serein.


Il devient une source de tension interne, d’épuisement et parfois d’inhibition totale.

Le perfectionnisme n’est pas un trait de caractère isolé.


Chez les profils neuroatypiques, le perfectionnisme n’est généralement pas un simple goût du travail bien fait.


Il est souvent lié à :


- une conscience aiguë de l’erreur

- une peur intense de l’échec ou du jugement

- une difficulté à tolérer l’approximation

- une expérience répétée du décalage ou de l’incompréhension


Il s’agit moins de viser l’excellence que d’éviter l’insécurité.


Chez les personnes qui ont un TDAH : le paradoxe permanent...


Le perfectionnisme chez les personnes qui ont un TDAH est souvent mal compris.

D’un côté :


- une pensée rapide

- des idées nombreuses

- une vision globale très fine


De l’autre :


- des difficultés d’organisation

- une gestion du temps instable

- une attention fluctuante


Résultat :


La personne sait ce qu’elle voudrait produire, mais peine à y arriver de manière fiable.


Cela crée :


- une frustration chronique

- un sentiment de ne jamais être à la hauteur

- une tendance à recommencer sans cesse

ou à procrastiner par peur de mal faire


Ce perfectionnisme peut alors conduire à l’évitement :

« Si je ne peux pas faire parfaitement, je préfère ne pas faire du tout. »


Chez les profils TSA : quand la précision devient une nécessité...


Chez les personnes qui ont un TSA, le perfectionnisme est souvent lié à un besoin de cohérence et de maîtrise.


Il peut s’exprimer par :


- une grande rigidité interne

- une intolérance à l’erreur

- une difficulté à s’adapter à l’imprévu

- un besoin de règles claires et stables


Le perfectionnisme devient alors une stratégie de sécurité.


Ce n’est pas une recherche de performance, mais une manière de rendre le monde plus prévisible.


Quand ce besoin n’est pas compris, la personne peut être perçue comme :


- trop exigeante

- rigide

- opposante


Alors qu’elle cherche avant tout à se protéger d’une surcharge cognitive ou émotionnelle.


Chez les profils à haut potentiel : quand l’exigence se retourne contre soi...


Le haut potentiel n’est pas un trouble neurodéveloppemental.


Mais il s’accompagne souvent d’une exigence interne très élevée.


Beaucoup de personnes à haut potentiel :


- perçoivent rapidement les incohérences

- anticipent loin

- voient ce qui pourrait être amélioré


Cela peut générer :


- une insatisfaction permanente

- une difficulté à se satisfaire de ce qui est « suffisamment bien »

- une autocritique sévère


Chez l’enfant ou l’adolescent, cela peut conduire à :


- un refus de rendre un travail

- une peur de se lancer

- une anxiété de performance


Le perfectionnisme devient alors un frein, pas une ressource.


Quand le perfectionnisme masque une fragilité...


Quel que soit le profil, le perfectionnisme excessif est rarement synonyme de confiance en soi.


Il est souvent le signe :


- d’une peur de décevoir

- d’une estime de soi fragile

- d’un besoin de reconnaissance

- d’un vécu antérieur d’échec ou de disqualification


Derrière le « je veux bien faire » se cache parfois : « J’ai peur de ne pas être assez. »

À l’école, à la maison, au travail : des effets souvent invisibles...


Le perfectionnisme peut donner l’illusion que tout va bien.


L’enfant sage.


L’élève qui ne rend rien mais comprend tout.


L’adulte compétent mais épuisé.


Et pourtant :


- la charge mentale est énorme

- la fatigue est constante

- le plaisir disparaît


Ce fonctionnement passe souvent sous les radars, car il ne dérange pas immédiatement.


Ce qui aide réellement


Ce qui aide, ce n’est pas de baisser les exigences arbitrairement.

C’est de changer le rapport à l’erreur.


Cela passe par :


- valoriser le processus plutôt que le résultat

autoriser l’imparfait

- fractionner les tâches

- clarifier ce qui est attendu, et ce qui ne l’est pas

- distinguer la personne de sa production


Chez l’enfant, l’adolescent comme chez l’adulte, il est essentiel de rappeler que : faire de son mieux n’est pas faire parfaitement.


Ce que cela prépare pour l’âge adulte...


Un perfectionnisme non accompagné peut conduire à l’épuisement, à l’anxiété ou au renoncement.


Un perfectionnisme compris et ajusté peut devenir :


- une exigence saine

- une capacité d’analyse fine

- une force créative


Tout dépend du regard posé et de l’accompagnement proposé.


Conclusion


Le perfectionnisme chez les profils neuroatypiques n’est ni un caprice, ni un luxe, ni un trait de personnalité figé.


C’est souvent une réponse à un monde perçu comme exigeant, imprévisible ou jugeant.


Aider ces enfants, ces adolescents et ces adultes, ce n’est pas leur demander de faire moins.


C’est leur permettre de faire sans se détruire...

1 commentaire


Merci merci merci pour ces mots justes.

Je suis une femme de 52 ans diagnostiquée à 46 ans du TSA et 51 ans du TDAH. Avec HPI évidemment.

Une vie de souffrances que seuls les personnes concernées comprennent habituellement.

3 de mes 4 enfants ont un TDAH, 2 ont un TSA et le dernier a un thpi. Que de souffrances institutionnelles, volontés d'éviction, décrochages scolaires malgré 2 ans d'avance. Que d'aménagements non respectés, que de rejets et de haine.

Merci pour vos textes et leur diffusion. Une de mes filles TSA est enseignante également en CE1.

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