À Saint-Nicolas et sous le sapin...
- Christopher Trisman
- 4 déc. 2025
- 3 min de lecture

Décembre arrive avec ses odeurs de chocolat, ses listes de souhaits interminables et cette grande question annuelle... Qu’est-ce que vous allez offrir cette fois-ci ?
Et si, cette année, vous choisissiez un cadeau qui ne fait pas de bruit, qui ne demande pas de batterie, mais qui fait travailler le cerveau en douce : un jeu de société.
Pour les enfants avec un TDA/H, jouer n’est pas juste un loisir. C’est un véritable terrain d’entraînement. Et pour vous, c’est une occasion précieuse de partager un moment sans écran, sans pression, sans performance.
Le jeu de société... Un coach du cerveau déguisé en cadeau.
Quand un enfant joue à un jeu de société, il ne fait pas que s’amuser. Il doit attendre. Il doit suivre des règles. Il doit gérer l’envie d’agir tout de suite. Il doit accepter de perdre parfois. Il doit recommencer.
Tout cela sollicite des fonctions essentielles du cerveau... L’attention, la mémoire de travail, le contrôle des impulsions, la flexibilité mentale. Ce sont précisément celles qui peuvent être plus fragiles chez les enfants TDA/H.
La frustration est aussi de la partie. Elle apparaît naturellement quand on perd, quand ce n’est pas son tour, quand le dé dévie d’une case. Mais elle est vécue dans un cadre sécurisé. On apprend à perdre sans danger. On apprend que l’erreur fait partie du jeu. Et surtout, on découvre qu’on peut traverser une frustration sans que le monde ne s’écroule.
À force de répétitions, le cerveau apprend. Sans le savoir. En jouant.
Pourquoi les jeux sont si précieux pour les enfants TDAH ?
Le cerveau se développe mieux par l’expérience que par les rappels à l’ordre. Dire à un enfant de se concentrer fonctionne rarement.
Les jeux de société permettent notamment
- Une stimulation naturelle de l’attention grâce au plaisir.
- Un entraînement à la patience sans contrainte.
- Une amélioration progressive de la tolérance à la frustration.
- Un renforcement de l’estime de soi par la réussite.
- Une canalisation de l’agitation par l’engagement dans l’activité.
Et surtout, le jeu crée du lien. Or un enfant qui se sent en sécurité affective apprend mieux. Même et surtout quand son cerveau fonctionne autrement.
Des jeux particulièrement adaptés aux enfants TDA/H.
Les enfants TDA/H ont souvent besoin de parties courtes, de règles simples, de rythme, de mouvement et de surprise.
Voici une sélection qui fonctionne très bien :
- Dobble – Pour la vitesse de traitement et l’attention visuelle.
- Uno – Pour l’inhibition, l’acceptation de la perte et la régulation émotionnelle.
- Jungle Speed – Pour l’impulsivité, les réflexes et le contrôle moteur.
- Rhino Hero – Pour la concentration, la planification et la motricité fine.
- Le Lynx – Pour la persévérance et l’exploration visuelle.
- Time’s Up Kids – Pour la mémoire, le langage et la socialisation.
- Speed Cups – Pour la coordination et la rapidité de traitement.
Des parties courtes, répétables, dynamiques. C’est souvent la recette idéale.
Et pour les enfants dyslexiques et dysorthographiques.
Le jeu est aussi un formidable allié lorsque la lecture et l’écriture sont coûteuses. À condition de privilégier l’image, l’oral et la manipulation.
Voici quelques jeux très adaptés :
- Concept Kids – Pour travailler le vocabulaire sans lecture.
- Dixit – Pour l’imaginaire, l’oral et la compréhension.
- Bazar Bizarre – Pour la discrimination visuelle et le contrôle de l’impulsivité.
- Cortex Kids – Pour la stimulation multisensorielle.
- Imagine – Pour raisonner sans texte.
- Labyrinthe – Pour la planification et la perception spatiale.
Quand on respecte le mode de fonctionnement du cerveau, l’apprentissage redevient possible. Et surtout, il redevient agréable.
Offrir un jeu, c’est offrir bien plus qu’un objet.
Offrir un jeu de société à Saint-Nicolas ou à Noël, ce n’est pas juste déposer une boîte sous le sapin. C’est offrir du temps partagé. Des rires. Des colères apprivoisées. Des réussites valorisantes. Des défaites qui enseignent. Et des souvenirs qui restent.
Pour les enfants TDA/H, c’est aussi un outil discret pour apprendre à s’autoréguler. Un entraînement caché du cerveau. Un espace où ils peuvent réussir autrement.
Et parfois, le plus beau cadeau n’est pas celui qui s’allume.
C’est celui qui rassemble autour d’une table.



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