TDA/H, HP, ... : à l’adolescence, rien ne disparaît… Tout se transforme...
- Christopher Trisman
- 12 déc. 2025
- 2 min de lecture

On croit souvent que les difficultés d’un enfant TDA/H, HP ou hypersensible devraient « passer avec l’âge ».
Mais l’adolescence n’efface rien. Elle réorganise. Elle amplifie parfois. Elle apaise aussi certains aspects.
Ce que montre le développement cérébral : à l’adolescence, le cerveau change de rythme.
À partir de 11-12 ans, la maturation du cerveau s’intensifie.
Les régions émotionnelles se renforcent alors que les fonctions exécutives prennent du retard.
Chez un ado TDA/H, HP ou hypersensible, ce décalage est plus marqué, ce qui modifie profondément la manière de ressentir, d’agir et d’apprendre.
Ce qui devient plus compliqué à partir de 11-12 ans.
– Une intensité émotionnelle décuplée, difficile à canaliser.
– Une impulsivité renforcée par les changements hormonaux.
– Une hypersensibilité qui se transforme en hyperréactivité : tout devient plus fort, plus rapide, plus envahissant.
– Une estime de soi fragilisée, avec une pression scolaire et sociale qui augmente.
– Une surcharge cognitive plus fréquente, liée à des attentes plus élevées en autonomie et organisation.
– Une fatigue persistante liée à la puberté...
Pour les parents, cela se traduit par :
– des crises plus fréquentes,
– un dialogue plus complexe,
– des oppositions soudaines,
– des décrochages ponctuels.
Ce n’est pas un manque d’effort. C’est un cerveau en pleine réorganisation.
Ce qui s’améliore malgré tout...
– L’ado commence à mieux comprendre qui il est.
– Les capacités d’analyse des jeunes HP deviennent plus fines et plus structurées.
– Les ados hypersensibles développent une empathie plus nuancée.
– Certains jeunes TDA/H voient diminuer l’hyperactivité motrice et gagner en contrôle dans certaines situations.
– La créativité et la quête de sens s’intensifient.
– Le besoin d’authenticité et de cohérence devient un moteur puissant.
L’adolescence n’est pas seulement un bouleversement : c’est aussi une période où les forces se révèlent.
Ce qui reste difficile, même en grandissant.
– Réguler l’attention sur des tâches peu stimulantes.
– Gérer la frustration quand les émotions dépassent la réflexion.
– Se motiver pour des activités perçues comme inutiles.
– Supporter la pression sociale et les comparaisons constantes.
– Trouver sa place quand le fonctionnement interne reste atypique.
La maturité arrive, mais plus tard, et de manière inégale selon les domaines.
Pistes concrètes et efficaces pour accompagner un adolescent TDA/H, HP ou hypersensible.
– Alléger la pression et renforcer les routines.
– Donner du sens plutôt que des injonctions.
– Fractionner les tâches en étapes courtes et réalisables.
– Valoriser les efforts pour soutenir l’estime de soi.
– Autoriser l’expression émotionnelle tout en maintenant un cadre clair.
– S’appuyer sur les passions comme leviers d’apprentissage puissants.
– Aider l’ado à mettre des mots sur ce qu’il vit pour mieux réguler.
– Collaborer avec l’école pour anticiper plutôt que réparer.
Ces leviers sont alignés avec la maturation cérébrale et répondent aux besoins réels des adolescents neuroatypiques.
Pour conclure...
À l’adolescence, un jeune TDA/H, HP ou hypersensible n’est pas en train de devenir « plus compliqué ».
Il traverse une période où ses particularités se superposent aux bouleversements pubertaires.
Il ne régresse pas. Il se transforme.
Et lorsque l’on comprend ce qui change réellement à partir de 11-12 ans, on peut enfin accompagner sans s’épuiser, soutenir sans s’opposer, et permettre à ce jeune cerveau en chantier de se construire avec cohérence...
Voir moins



Commentaires