top of page

Quelques phrases “bienveillantes” qui abîment les enfants qui ont un TDAH...


Beaucoup d’adultes veulent bien faire.

Ils encouragent, rassurent, motivent.

Et pourtant, certaines phrases dites avec de bonnes intentions peuvent avoir un effet inverse chez les enfants qui ont un TDAH.


Pas parce qu’elles sont "blessantes".

Mais parce qu’elles ne tiennent pas compte du fonctionnement réel de l’enfant.


Quand l’intention est bonne, mais que l’impact est lourd


Les enfants qui ont un TDAH entendent très souvent des phrases censées les aider à avancer.


Des phrases qui visent à motiver, à rassurer ou à cadrer.

Mais répétées jour après jour, elles peuvent installer :


– de la culpabilité

– un sentiment d’échec

– l’idée que “le problème, c’est moi”


Ce n’est pas ce que l’adulte veut dire.

C’est ce que l’enfant comprend.


“Tu peux y arriver si tu t'en donnes les moyens”


Cette phrase est fréquente.

Elle part d’une intention encourageante.


Mais pour un enfant qui a un TDAH, elle envoie un message implicite très clair : si tu n’y arrives pas, c’est que tu ne fais pas assez d’efforts.


Or, le TDAH n’est pas un problème de volonté.

C’est un problème de régulation, d’accès, de timing, d’énergie mentale.


À force d’entendre cela, l’enfant finit par croire qu’il échoue volontairement.


“Concentre-toi un peu plus”


Pour beaucoup d’adultes, cette phrase semble évidente.

Mais pour un enfant qui a un TDAH, c’est comme dire à quelqu’un qui a mal à la jambe : “marche normalement”.


La concentration n’est pas un bouton que l’enfant peut activer à la demande.


Quand cette phrase revient souvent, l’enfant comprend surtout :


– que ce qu’il vit n’est pas compris

– qu’il devrait fonctionner autrement


“Tu es capable, regarde quand tu veux”


Cette phrase est particulièrement piégeuse.


Parce qu’elle s’appuie sur des moments où l’enfant réussit… souvent en hyperfocus.

Mais elle gomme une réalité essentielle : le fonctionnement d’un enfant TDAH est fluctuant.


L’enfant sait qu’il est capable parfois.

Ce qu’il ne comprend pas, c’est pourquoi il n’y arrive pas toujours.


Cette phrase peut alors renforcer l’auto-accusation : “Si j’y arrive parfois, c’est donc que je fais exprès quand je n’y arrive pas”


“Arrête de faire l'enfant... Tu es grand maintenant !”


Beaucoup d’enfants qui ont un TDAH ont un décalage de maturation dans certaines sphères.


Ils peuvent être très lucides, très réfléchis sur certains sujets… et très immatures sur d’autres.


Cette phrase nie complètement ce décalage.


Elle fait porter à l’enfant une responsabilité qu’il n’a pas encore les outils de gérer.


Résultat :


– honte

– repli

– colère


Ce que l’enfant apprend malgré lui


À force d’entendre ce genre de phrases, l’enfant peut intégrer :


– qu’il déçoit

– qu’il doit se forcer en permanence

– qu’il n’a pas le droit d’être fatigué

– qu’il doit masquer ses difficultés


Beaucoup deviennent experts pour “faire semblant”.

Jusqu’au jour où ça craque.


Dire autrement, ce n’est pas être laxiste


Adapter son langage ne signifie pas tout excuser.


Cela signifie parler d’une manière qui aide réellement l’enfant à progresser.

Dire par exemple :


– “Je vois que c’est difficile pour toi aujourd’hui”

– “On va chercher ensemble ce qui peut t’aider”

– “Ce n’est pas que tu ne veux pas, c’est que ton cerveau fonctionne autrement”

– “Tu as le droit d’avoir besoin d’un appui”


Ces phrases ne retirent pas le cadre.

Elles retirent la honte.


Conclusion !


Les mots que l’on choisit façonnent le regard que l’enfant porte sur lui-même.

Chez les enfants qui ont un TDAH, certaines phrases “bienveillantes” peuvent devenir des blessures invisibles.


Être bienveillant, ce n’est pas motiver à tout prix.


C’est comprendre avant d’exiger.

Et parfois, changer une phrase…


C’est déjà changer une trajectoire.



Commentaires


 

© 2025 by TDA quoi ?. Powered and secured by Wix 

 

bottom of page