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Mensonge et TDA/H : quand la vérité se mêle à l’impulsivité...


Vous l’avez sans doute remarqué : certaines personnes avec un TDA/H peuvent avoir tendance à mentir, ou plutôt à donner l’impression de mentir.


Pas par malice, ni par calcul, mais souvent à cause d’un ensemble de mécanismes cognitifs et émotionnels liés au trouble lui-même.


Le mensonge n’est pas un symptôme du TDA/H. Pourtant, les recherches montrent qu’il peut être plus fréquent chez ceux qui ont des difficultés d’attention, d’organisation ou de régulation émotionnelle.


En réalité, ce n’est pas le mensonge en tant que tel qu’il faut regarder, mais ce qui se cache derrière.


Beaucoup de personnes avec TDA/H réagissent dans l’instant. Sous l’effet de l’impulsivité, elles peuvent répondre trop vite, sans prendre le temps de réfléchir, et dire quelque chose d’inexact.


D’autres mentent pour éviter une critique ou une punition, car elles redoutent la déception, la colère ou la honte de ne pas avoir réussi à tenir une promesse.


Parfois encore, elles affirment avoir fait quelque chose qu’elles ont simplement oublié, convaincues de l’avoir réellement accompli.


Ce ne sont pas des mensonges intentionnels, mais plutôt les reflets d’une mémoire fragile, d’une attention dispersée ou d’une gestion émotionnelle difficile.


Ces comportements peuvent aussi être liés à une forme de masquage. Beaucoup d’enfants et d’adultes avec TDA/H essaient de cacher leurs difficultés pour paraître “comme tout le monde”. Ils veulent plaire, ne pas déranger, ou éviter qu’on les voie comme différents. Dans ce contexte, le mensonge devient une manière de se protéger, un petit bouclier contre la honte ou la peur du rejet.


Mais cette stratégie, bien que compréhensible, finit souvent par se retourner contre eux.


Elle abîme la confiance, accentue la culpabilité, et renforce le sentiment de décalage.


Pour aider une personne avec TDA/H à devenir plus authentique, il ne s’agit donc pas de “traquer le mensonge”, mais de travailler sur les causes profondes : la peur, l’impulsivité, le manque d’organisation, le manque d'estime et la difficulté à gérer l’échec.


Apprendre à ralentir avant de répondre, oser dire “je ne sais pas encore”, ou “je préfère vérifier avant de vous dire oui” sont des petits pas vers plus de sincérité.


Reconnaître un oubli ou une erreur sans être jugé aide aussi à rétablir la confiance.


L’environnement joue un rôle essentiel : si la personne sent qu’elle a le droit de se tromper sans être humiliée, elle aura moins besoin de se cacher derrière des mots faux.


L’authenticité ne se décrète pas, elle se construit. Elle naît d’un climat de sécurité, de bienveillance et d’humour aussi parfois : savoir rire de ses propres oublis, de ses “oui” trop rapides ou de ses contradictions, c’est déjà une manière d’être plus vrai.


En somme, le TDA/H ne pousse pas à mentir ; il rend simplement la vérité plus fragile, plus mouvante, parfois plus difficile à gérer dans l’instant.


En accompagnant la personne à mieux comprendre ses réactions, à s’organiser, à exprimer sa peur de l’échec, on l’aide à se rapprocher de ce qu’elle est profondément : quelqu’un de sincère, parfois maladroit, mais rarement mal intentionné.

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