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Quand lire devient un risque pour l’estime de soi...


Pour la plupart des enfants, lire est un apprentissage.


Pour certains enfants qui ont une dyslexie, lire peut progressivement devenir bien plus que cela.


Cela peut devenir une source d'inquiétude.

De comparaison.

Parfois même de souffrance.


Car lorsque l'on rencontre des difficultés dans une activité omniprésente à l'école, il devient difficile d'oublier ces difficultés.


Lire sous le regard des autres


Beaucoup d'enfants dyslexiques vivent des situations que leurs camarades remarquent rarement.


Lire à voix haute.

Déchiffrer plus lentement.

Se tromper sur un mot pourtant connu.

Perdre sa place dans le texte.

Hésiter.

Recommencer.


Même lorsque l'entourage est bienveillant, ces moments peuvent être vécus comme très exposants.


À force, certains enfants commencent à anticiper l'erreur avant même qu'elle n'arrive.


Le problème n'est pas seulement la lecture


Ce qui fait souffrir n'est pas toujours la difficulté elle-même.


C'est parfois ce qu'elle finit par raconter à l'enfant sur lui-même.


Peu à peu peuvent apparaître des pensées comme :


– « Je suis moins intelligent. »

– « Les autres y arrivent mieux que moi. »

– « Je vais encore me tromper. »

– « Je suis nul en français. »


Alors qu'en réalité, la dyslexie ne dit rien de l'intelligence de l'enfant.


Elle concerne l'accès à l'écrit, pas ses capacités à réfléchir, comprendre ou apprendre.


Quand l'effort devient invisible


C'est l'une des grandes injustices vécues par certains enfants dyslexiques.

Ils fournissent parfois énormément d'efforts.


Ils relisent.

Ils s'entraînent.

Ils persévèrent.


Mais les résultats visibles ne reflètent pas toujours le travail réalisé.


À force, certains finissent par croire que leurs efforts ne servent à rien.


Et cette idée est souvent beaucoup plus dangereuse que les difficultés scolaires elles-mêmes.


Les stratégies d'évitement


Pour se protéger, certains enfants développent progressivement des stratégies.


Ils évitent de lire devant les autres.

Ils disent qu'ils n'aiment pas les livres.

Ils refusent certaines activités.

Ils se montrent indifférents.


Parfois même, ils préfèrent donner l'impression de ne pas essayer plutôt que de risquer un nouvel échec.


Vu de l'extérieur, cela peut être interprété comme un manque de motivation.

Mais il s'agit souvent d'un mécanisme de protection de l'estime de soi.


Ce qui aide vraiment


Les enfants dyslexiques ont évidemment besoin d'aménagements adaptés.

Mais ils ont aussi besoin que les adultes protègent leur confiance en eux.

Cela passe notamment par :


– valoriser les progrès plutôt que les comparaisons

– reconnaître les efforts invisibles

– mettre en avant leurs autres compétences

– rappeler que la dyslexie ne définit pas leur valeur

– leur permettre de vivre des réussites dans différents domaines


Une réflexion importante


Lorsqu'un enfant dyslexique lit difficilement, il est facile de voir ce qu'il ne parvient pas encore à faire.

Il est parfois plus difficile de voir tout ce qu'il mobilise pour continuer malgré les obstacles.

La persévérance.

Le courage.

L'adaptation.

La résilience.

Des compétences que les notes scolaires mesurent rarement.


Conclusion


Pour certains enfants qui ont une dyslexie, lire n'est pas seulement un exercice scolaire.


C'est parfois une activité qui met leur confiance en eux à l'épreuve presque quotidiennement.


Et si nous voulons réellement les aider, nous devons bien sûr soutenir leurs apprentissages.


Mais nous devons aussi protéger quelque chose d'encore plus précieux : l'image qu'ils construisent d'eux-mêmes.

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