Quand l’enfant ou l'adolescent refuse son propre trouble...
- Christopher Trisman
- 30 déc. 2025
- 2 min de lecture

On parle souvent des parents qui n’acceptent pas le diagnostic.
Plus rarement de l’autre réalité, pourtant tout aussi fréquente : l’enfant, ou l’adolescent, qui refuse d’entendre parler de son trouble.
Non pas par déni durable, mais parce que cette prise de conscience arrive à un moment de la vie où se sentir « différent » est presque insupportable.
L’adolescence : l’âge où la différence fait peur.
À l’adolescence, l’enjeu principal n’est pas la compréhension de soi, mais l’appartenance. Faire partie du groupe. Ne pas se démarquer. Ne pas être étiqueté.
Pour un adolescent qui a un TDAH, cette période peut être particulièrement délicate. Le trouble, jusque-là plus ou moins toléré, devient soudain une menace pour l’image de soi.
Il renvoie à une différence que l’ado n’a pas choisie, à une singularité qu’il préférerait taire, surtout quand le regard des pairs devient central.
Le rejet, la colère… des réactions normales...
Lorsque la prise de conscience arrive tardivement ou plus clairement à l’adolescence, le rejet et la colère sont des réactions fréquentes.
Colère contre le diagnostic.
Colère contre les adultes qui en parlent.
Colère contre soi aussi, parfois.
Ce rejet n’est pas un refus de grandir, ni un manque de maturité.
C’est souvent une tentative de reprendre le contrôle, dans un âge où le besoin d’autonomie et de liberté est immense.
Quand l’aide devient vécue comme une intrusion...
Les stratégies de compensation, les adaptations, les conseils du parent ou du professionnel peuvent alors être perçus non pas comme un soutien, mais comme une contrainte supplémentaire.
L’adolescent qui a un TDAH peut s’opposer, refuser, rejeter ce qui, quelques années plus tôt, l’aidait.
Non pas parce que ces outils sont mauvais, mais parce qu’ils rappellent le trouble à un moment où l’ado voudrait simplement être « comme les autres ».
Accepter ne se fait pas sur commande...
L’acceptation ne se décrète pas. Elle se construit. Lentement. Par étapes.
Souvent, elle passe par une phase de refus. Puis par une curiosité timide. Parfois par une distance.
Et un jour, presque sans prévenir, l’adolescent fait un pas : une question, une demande, l’envie de comprendre.
Lire un compte rendu, poser un regard différent sur son fonctionnement, reprendre la main sur son histoire.
Laisser le temps faire son travail...
Ce chemin demande de la patience. Beaucoup...
Accepter que l’ado ne soit pas prêt.
Accepter que le parent se questionne sur sa manière d’en parler.
Accepter aussi que l’acceptation soit progressive, fluctuante, jamais linéaire.
Mais lorsque l’adolescent qui a un TDAH se sent respecté dans son rythme, dans son besoin d’autonomie, quelque chose s’apaise.
Le trouble n’est plus une menace. Il devient une information parmi d’autres.
Conclusion !
Refuser son trouble n’est pas refuser qui l’on est. C’est souvent une étape, parfois nécessaire, dans la construction de soi.
Avec du temps, de la bienveillance et un espace sécurisant, l’adolescent peut passer du rejet à la compréhension, puis à une forme d’appropriation.
Et ce jour-là, le trouble ne définit plus la personne. Il fait simplement partie de son fonctionnement, reconnu, apprivoisé, et surtout choisi d’être regardé autrement...



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