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Pourquoi un enfant TDAH réagit si fort quand on lui retire un écran ? Comprendre pour mieux accompagner...



Les écrans font aujourd’hui partie de la vie quotidienne des enfants, qu’ils aient un TDAH ou non. Pourtant, chez certains enfants présentant un Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité, la réaction au moment d’éteindre la tablette, la console ou le téléphone peut sembler disproportionnée : colère, cris, agitation, pleurs, impression qu’ils “perdent le contrôle”.


Ces réactions ne signifient ni caprice, ni impertinence, ni dépendance au sens pathologique du terme. Elles s’expliquent par le fonctionnement même du cerveau TDAH.


Chez un enfant TDAH, le cerveau produit naturellement moins de dopamine, un neurotransmetteur essentiel à la motivation, au plaisir, au contrôle de l’attention et à la régulation émotionnelle. Or, les écrans (jeux vidéo, vidéos, contenus interactifs,...) génèrent un afflux rapide et important de dopamine.


Ce n’est pas une “addiction”, mais une stimulation forte et immédiate que le cerveau TDA/H recherche parce qu’elle lui permet, enfin, de se sentir concentré, apaisé ou engagé dans une activité.


Lorsque l’écran s’éteint brusquement, le cerveau perd d’un coup cette source de dopamine.


Cette chute rapide crée un inconfort neurologique réel, tangible, et explique pourquoi la coupure peut déclencher une réaction émotionnelle intense.

Un autre élément essentiel : le TDAH rend extrêmement difficile la transition d’une activité à une autre.


Même sans écran, changer de tâche demande un effort considérable au cerveau TDAH.


Passer d’une activité très stimulante à une activité moins engageante (mettre la table, aller se doucher, mettre ses chaussures, souper…) multiplie encore cette difficulté.


Le cerveau est obligé de “passer une vitesse”, alors que son système de motivation interne fonctionne déjà au ralenti.


C’est comme demander à une voiture de grimper une côte raide avec très peu d’essence dans le réservoir.


De plus, sans écran, le système émotionnel s'emballe plus facilement.


L'enfant peut vivre une amplification des émotions : frustration, colère, agitation, sensation de perte de contrôle.


Son corps cherche aussi naturellement une autre forme de stimulation (mouvement, bruit, parole, agitation) pour compenser l’arrêt soudain d’un flux dopaminergique élevé.


Tout cela se mélange et peut produire une crise intense, suivie souvent… d’un profond regret.


Beaucoup d’enfants TDA/H ressentent après coup de la culpabilité : « Je suis méchant », « Je fais toujours des problèmes », « Pourquoi je suis comme ça ? ».

Ils ne comprennent pas toujours que leur réaction n’est pas un défaut de caractère, mais un phénomène neurobiologique.


Pour autant, il est essentiel de le dire clairement : les écrans ne causent pas le TDAH.

Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental, présent dès la petite enfance, d’origine multifactorielle (génétique, neurologique, parfois environnementale), et non lié à l’usage des écrans.


Les écrans n' “abîment” pas le cerveau TDAH.


Ils ne fabriquent pas d’hyperactivité.


Ils ne provoquent pas d’inattention durable.


Les réactions excessives ne sont pas le signe d’un trouble créé par les écrans, mais l’expression d’un cerveau qui fonctionne différemment.


La question n’est donc pas de supprimer totalement les écrans, mais de mieux accompagner leur usage.


Plusieurs stratégies permettent une utilisation sereine, quotidienne et adaptée :


  • Prévenir avant d’éteindre : utiliser un compte à rebours visuel ou oral (5 minutes, puis 2 minutes…). La transition est alors moins brutale.


  • Créer des routines : par exemple, un rituel “fin d’écran = on range, on passe à l’étape suivante”. Les repères diminuent la charge émotionnelle.


  • Utiliser des contenus adaptés : des jeux qui favorisent la concentration, la créativité ou la progression peuvent être très bénéfiques.


  • Proposer une activité de transition stimulante : trampoline, Lego, dessin, musique, activité motrice… quelque chose qui nourrit le besoin de stimulation.


  • Encourager l’autocontrôle progressif : minuter un temps d’écran, laisser l’enfant éteindre lui-même quand le minuteur sonne, valoriser chaque réussite.


  • Maintenir des règles stables mais bienveillantes : des limites claires mais non punitives sont mieux acceptées par un cerveau TDAH.


En réalité, l’objectif n’est pas d’éliminer les écrans, mais de les intégrer intelligemment au quotidien d’un enfant dont le fonctionnement cérébral est particulier.


Les écrans peuvent être un outil de détente, de motivation, d’apprentissage et même de valorisation.


Ils ne sont ni l’ennemi, ni la cause du TDAH. Ce qui compte, c’est la manière dont ils sont utilisés, présentés, encadrés, et surtout la façon dont on accompagne l’enfant au moment crucial : la transition.


En conclusion


Aucun lien scientifique n’a jamais démontré que les écrans provoquent l’apparition du TDAH.


Le TDAH existait bien avant l’arrivée des tablettes et des consoles, et il est aujourd’hui reconnu comme un trouble neurodéveloppemental indépendant des pratiques numériques.


Les écrans, utilisés de façon équilibrée et adaptée, peuvent parfaitement faire partie de la vie quotidienne d’un enfant TDAH.


Ce qui fait toute la différence, ce n’est pas l’écran en lui-même, mais la compréhension du fonctionnement cérébral, la préparation aux transitions, la régulation émotionnelle et l’accompagnement bienveillant.


Lorsqu’on comprend ce qui se passe “dans le cerveau” au moment où l’écran s’éteint, on cesse de voir une crise comme un affront… et on commence à construire un cadre apaisé, sécurisant et adapté à l’enfant.

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