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Hyperfocus et TDAH : quand l’attention sort du cadre...


Qu’est-ce que l’hyperfocus ?


L’hyperfocus est un état d’attention intense et prolongé, fréquemment observé chez les enfants et les adultes avec un TDAH.


Contrairement à l’idée répandue selon laquelle ces personnes seraient « incapables de se concentrer », il s’agit plutôt d’une difficulté à réguler l’attention.


Celle-ci peut être fuyante dans certaines situations, mais excessivement captée dans d’autres, lorsque l’intérêt, la nouveauté ou la stimulation sont suffisamment forts.


Pendant un épisode d’hyperfocus, la personne peut perdre la notion du temps, de son environnement, de ses besoins corporels ou de ses obligations.


L’attention est comme verrouillée sur une seule activité, rendant toute transition particulièrement difficile.


D’où vient ce phénomène ?


Le fonctionnement attentionnel des personnes TDAH repose sur des mécanismes neurologiques spécifiques, notamment liés à la motivation et à la récompense.

Lorsque le cerveau perçoit une activité comme hautement stimulante ou porteuse de sens, il peut mobiliser une quantité importante de ressources attentionnelles, parfois au détriment du reste.


Ce n’est donc ni un choix, ni une stratégie volontaire, ni un « super pouvoir » activable à la demande. L’hyperfocus survient de manière inégale, imprévisible, et souvent déconnectée des priorités imposées par l’école, le travail ou la vie quotidienne.


En quoi l’hyperfocus peut être une force ?


Dans certaines conditions, l’hyperfocus est un véritable atout. Il permet une immersion profonde, favorise la créativité, l’apprentissage, la résolution de problèmes complexes et la production de travaux de grande qualité.


Beaucoup d’enfants, d’adolescents et d’adultes TDAH découvrent leurs compétences et leurs passions à travers ces moments d’intensité.


L’hyperfocus peut aussi restaurer l’estime de soi. Quand on a grandi avec des retours négatifs sur son attention, expérimenter un état où l’on est pleinement engagé et performant peut être profondément valorisant.


En quoi l’hyperfocus peut devenir un frein ?


Là où l’hyperfocus pose problème, c’est lorsqu’il entre en conflit avec la réalité du quotidien. Les repas sont oubliés, le sommeil repoussé, les échéances dépassées, les relations mises entre parenthèses.


Chez les enfants, cela peut générer des tensions familiales ou scolaires ; chez les adultes, des difficultés professionnelles ou sociales.


Le plus souvent, l’entourage interprète ces comportements comme un manque de volonté, de respect ou d’organisation. Or, la difficulté majeure réside dans l’impossibilité de sortir facilement de l’hyperfocus, même lorsque la personne sait qu’elle devrait le faire.


Un enjeu différent chez les enfants et les adultes...


Chez l’enfant, l’hyperfocus est parfois perçu comme une opposition ou une rigidité. On lui demande de « décrocher », sans toujours lui donner les outils pour y parvenir.


Chez l’adulte, l’hyperfocus peut être socialement valorisé tant qu’il est productif. Il devient problématique dès qu’il déborde, déséquilibre la vie personnelle ou entraîne de l’épuisement.


Dans les deux cas, le contexte joue un rôle central. Plus l’environnement est structuré, prévisible et bienveillant, plus l’hyperfocus peut être canalisé.


Comment mieux vivre avec l’hyperfocus ?


Il ne s’agit pas d’éliminer l’hyperfocus, mais d’apprendre à le repérer, l’anticiper et l’encadrer.


Des outils simples peuvent aider : minuteurs visuels, alarmes, routines de pause, listes visibles, accompagnement par une tierce personne pour signaler les transitions. Structurer l’environnement et préparer les sorties d’activité à l’avance est souvent plus efficace que de compter sur la seule volonté.


Sur le plan personnel, développer la conscience corporelle, travailler la flexibilité attentionnelle et accepter ses propres limites sont des leviers importants.


Dans certaines situations, un accompagnement spécialisé permet d’intégrer l’hyperfocus dans une approche globale du TDAH.


Conclusion


L’hyperfocus fait partie intégrante du fonctionnement TDAH. Il ne se résume ni à un don, ni à un défaut, mais à une manière particulière dont l’attention s’organise, parfois avec intensité, parfois avec déséquilibre.


Lorsqu’il est compris et accompagné, il peut devenir une ressource précieuse ; lorsqu’il est ignoré ou mal interprété, il peut générer de la fatigue, des tensions et un sentiment d’inadéquation.


Mieux vivre avec l’hyperfocus, ce n’est pas chercher à le contrôler à tout prix, mais apprendre à composer avec lui, à reconnaître ses signaux et à adapter l’environnement aux besoins réels de la personne concernée.


C’est aussi accepter que l’attention ne fonctionne pas de la même manière chez tout le monde, et que cette diversité mérite d’être prise en compte, tant chez les enfants que chez les adultes...

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