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TSA : quand une émotion ne se voit pas sur le visage...

il y a 5 jours
3 min de lecture

« Il n'a pas l'air triste. »

« Elle ne réagit même pas. »

« On dirait que ça ne lui fait rien. »


Ces phrases peuvent être prononcées lorsqu'une personne TSA ne manifeste pas une émotion de la manière attendue.


Pourtant, ne pas montrer une émotion ne signifie pas ne pas la ressentir.


Et c'est probablement l'un des malentendus les plus fréquents autour de l'autisme.



Une émotion n'a pas toujours le même visage



Nous avons tendance à associer automatiquement certaines émotions à certaines expressions.


La tristesse ferait pleurer.

La joie ferait sourire.

La colère se verrait sur le visage.

La surprise se lirait dans les yeux.


Mais les manifestations émotionnelles ne sont pas identiques chez tout le monde.


Chez certaines personnes TSA, l'expression du visage peut être moins facilement lisible, moins spontanée ou simplement différente de ce que l'entourage attend.


L'émotion est pourtant bien présente.


Ressentir et montrer sont deux choses différentes


C'est une distinction essentielle.


Une personne peut ressentir une émotion très intensément sans parvenir à la traduire immédiatement par une expression faciale.


Elle peut être bouleversée intérieurement tout en restant parfaitement immobile.

Elle peut être heureuse sans sourire de la manière attendue.

Elle peut être anxieuse sans paraître inquiète.

Elle peut être triste sans pleurer.


Le visage n'est pas toujours un miroir fidèle de ce qui se passe à l'intérieur.

Parfois, le corps parle autrement

L'émotion peut apparaître ailleurs.


Dans la posture.

Dans la voix.

Dans les gestes.

Dans le besoin de s'isoler.

Dans une agitation soudaine.

Dans un changement de comportement.


Ou parfois dans rien de particulièrement visible.


Et c'est précisément là que l'entourage peut se tromper.

Parce que nous cherchons souvent une preuve extérieure pour confirmer une émotion intérieure.


« Mais il ne montre rien »


Certaines personnes TSA ont parfois appris à contrôler volontairement leur expression.


D'autres peuvent avoir besoin de davantage de temps pour identifier ce qu'elles ressentent avant de pouvoir l'exprimer.


Et lorsqu'une émotion est très intense, les capacités de communication peuvent elles-mêmes devenir plus difficiles à mobiliser.


L'absence d'expression immédiatement visible ne permet donc pas de conclure à l'absence d'émotion.


Le risque du malentendu


Imaginez un enfant qui reçoit une mauvaise nouvelle.


Il reste silencieux.

Son visage change peu.


L'adulte pense :


« Il ne comprend pas. »

Ou :

« Cela ne lui fait rien. »


Alors qu'à l'intérieur, l'enfant peut être profondément bouleversé.

Il peut simplement ne pas savoir comment le montrer.


Et parfois, l'émotion ressortira plus tard, lorsqu'il sera seul ou lorsqu'il se trouvera dans un environnement où il se sent suffisamment en sécurité.


Faut-il alors tout interpréter ?


Non.


C'est également important.


Comprendre qu'une émotion peut être peu visible ne signifie pas qu'il faut chercher une signification derrière chaque geste.


Nous ne pouvons pas deviner ce que ressent une personne simplement en observant son visage.


La meilleure solution reste souvent la plus simple : demander.


« Comment tu te sens ? »

« Est-ce que quelque chose t'a fait de la peine ? »

« Tu veux en parler ou tu préfères rester tranquille ? »


Et accepter que la réponse puisse parfois être :


« Je ne sais pas. »


Apprendre à ne pas imposer une manière de ressentir


Un enfant TSA n'a pas besoin d'apprendre à afficher ses émotions exactement comme les autres pour que celles-ci soient considérées comme légitimes.


Bien sûr, il peut être utile de lui apprendre à communiquer ses besoins et à faire comprendre aux autres ce qu'il ressent.


Mais cela ne signifie pas qu'il doit adopter une expression émotionnelle « standard ».


L'objectif devrait être la communication, pas la conformité.



Conclusion


Une émotion peut être immense et pourtant presque invisible.

Un visage neutre ne signifie pas un cœur indifférent.

Un silence ne signifie pas forcément une absence de ressenti.

Et l'absence de larmes ne signifie pas l'absence de tristesse.


Chez certaines personnes TSA, ce qui se passe à l'intérieur et ce qui se voit à l'extérieur ne correspondent pas toujours.


Alors, plutôt que de demander :


« Pourquoi ne montre-t-il rien ? »


Essayons parfois de demander :


« De quelle manière cette personne exprime-t-elle ce qu'elle ressent ? »


Parce que toutes les émotions méritent d'être reconnues, même lorsqu'elles ne se voient pas immédiatement.



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