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Neuroatypies et addictions : quand la régulation devient un combat silencieux...


On parle souvent des addictions comme de mauvaises habitudes, de choix discutables ou de manque de volonté.


Mais chez de nombreux enfants, adolescents et adultes neuroatypiques, l’addiction n’est pas une recherche de plaisir.


C’est une tentative de régulation.


Régulation émotionnelle.

Régulation sensorielle.

Régulation interne.


Et quand on ne comprend pas cela, on passe à côté de l’essentiel.


L’addiction n’est pas un hasard chez les profils neuroatypiques...


Les personnes qui ont un TDAH, un TSA ou un fonctionnement neuroatypique vivent souvent avec :


– une intensité émotionnelle élevée

– une difficulté à apaiser le mental

– une sensation interne de trop-plein ou de vide

– une fatigue cognitive chronique


Dans ce contexte, certaines substances ou certains comportements deviennent des raccourcis.


Pas pour s’amuser.

Pour tenir.


Chez l’enfant : des comportements qui alertent, pas des vices !


Un enfant neuroatypique ne consomme pas d’alcool ou de drogues.

Mais il peut déjà présenter des comportements de compensation.

Hyperphagie ou grignotage constant.

Recherche compulsive de sucre.

Temps d’écran excessif.

Rigidités autour de certaines routines alimentaires ou activités.


Ces comportements sont souvent interprétés comme un manque de cadre.


Ils sont plus souvent le signe d’une tentative d’auto-apaisement.


Punir sans comprendre renforce le besoin.


Comprendre sans cadre ne suffit pas non plus.


C’est l’équilibre qui protège.


Adolescence : le moment charnière !


C’est souvent à l’adolescence que le risque augmente nettement.


Chez les adolescents neuroatypiques, on observe plus fréquemment :

– une consommation précoce de tabac

– une attirance pour l’alcool comme anesthésiant social

– parfois des drogues utilisées pour ralentir, accélérer ou oublier

– des troubles alimentaires qui s’installent durablement


Pourquoi à ce moment-là ?


Parce que les exigences explosent alors que les outils internes manquent encore.

Parce que le sentiment de décalage devient plus conscient.

Parce que la honte prend parfois la place de la différence.


Le TDAH : un terrain particulièrement à risque !


Chez les personnes qui ont un TDAH, le risque addictif est nettement plus élevé.

Ce n’est pas une faiblesse morale.

C’est un facteur neurobiologique connu.


Le cerveau TDAH régule différemment la dopamine.


Cela entraîne :


– une recherche de stimulation

– une difficulté à ressentir une satisfaction durable

– une intolérance au vide et à l’ennui

– une impulsivité qui court-circuite l’anticipation


L’addiction devient alors un outil de régulation rapide.


Efficace à court terme.

Dévastateur à long terme.


C’est aussi pour cela que certains traitements médicamenteux, lorsqu’ils sont bien indiqués et bien suivis, peuvent réduire le risque addictif plutôt que l’augmenter.


TSA et addictions : une réalité moins visible mais bien présente...


Chez les personnes avec un TSA, les addictions existent aussi, mais prennent parfois d’autres formes.


Rigidités comportementales.


Addictions dites « fonctionnelles ».


Dépendance à des routines, des activités, des aliments précis.


Usage de substances pour supporter le bruit, le contact social ou l’imprévisibilité.

Chez certains adolescents ou adultes TSA, l’alcool ou le cannabis sont utilisés non pour faire la fête, mais pour diminuer la surcharge sensorielle ou sociale.


Le haut potentiel : attention aux amalgames...


Le haut potentiel n’est pas un trouble neurodéveloppemental.

Ce n’est pas une pathologie.


Mais certains profils HP peuvent présenter :


– une hypersensibilité

– une rumination intense

– une fatigue existentielle

– une difficulté à trouver du sens


Chez eux aussi, certaines addictions peuvent apparaître.


Non pas à cause du HP en soi, mais en lien avec l’isolement, l’inadéquation ou l’absence de reconnaissance du fonctionnement.


Addictions et environnement : un facteur clé !


Aucune addiction ne se développe dans le vide.


Stress chronique.


Manque de sécurité émotionnelle.


Exigences élevées sans accompagnement.


Conflits familiaux ou scolaires.


Regard disqualifiant.


Ces éléments augmentent fortement les risques, surtout chez les profils neuroatypiques.


Ce qui aide vraiment : des leviers concrets


Il n’existe pas de solution miracle.


Mais il existe des protections.


– travailler la régulation émotionnelle dès l’enfance

– nommer les sensations internes, sans dramatiser

– proposer des alternatives de décharge corporelle et sensorielle

– sécuriser les rythmes de vie, notamment le sommeil

– maintenir un cadre clair, cohérent, non humiliant

– accompagner sans nier, mais sans réduire la personne à son comportement

– chez les adolescents et adultes, ouvrir un espace de parole sans jugement


Et surtout : intervenir tôt, avant que la compensation ne devienne dépendance.


En conclusion !


Les addictions chez les personnes neuroatypiques ne sont pas un défaut de caractère.


Ce sont souvent des réponses à un système interne sous tension permanente.

Comprendre cela ne revient pas à tout excuser.


Cela permet d’agir là où ça compte vraiment.


Moins de morale.

Plus de compréhension structurée.

Moins de contrôle aveugle.

Plus d’accompagnement ajusté.


Parce qu’on ne sort pas d’une addiction en culpabilisant.


On en sort quand on n’en a plus besoin pour survivre.


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