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Dépression et anxiété chez les personnes qui ont un TDAH...




Quand le bruit intérieur devient trop lourd à porter...


Un risque souvent sous-estimé


Le TDAH est encore trop souvent réduit à une question d’attention, d’agitation ou d’impulsivité. Pourtant, chez les enfants comme chez les adultes qui ont un TDAH, l’anxiété et la dépression sont des réalités fréquentes, parfois silencieuses, parfois envahissantes.


Il ne s’agit pas de fragilités “en plus”, ni d’un manque de volonté. Il s’agit souvent de conséquences indirectes, cumulatives, d’un fonctionnement neurodéveloppemental qui se heurte en permanence à des exigences normatives.


L’anxiété : anticiper sans cesse l’échec


Chez une personne qui a un TDAH, l’anxiété n’est pas toujours visible. Elle ne se manifeste pas forcément par des peurs verbalisées. Elle s’installe souvent dans le corps et dans le mental.


– peur d’oublier

– peur de mal faire

– peur d’être en retard

– peur de décevoir

– peur d’exploser émotionnellement


À force d’avoir été rappelé à l’ordre, corrigé, repris, comparé, l’enfant apprend à se surveiller lui-même en permanence. Cette hypervigilance interne peut donner l’illusion d’un enfant “sage” ou “contenu”, alors qu’il est en réalité en tension constante.


Chez l’adulte, cette anxiété se transforme parfois en contrôle excessif, en évitement, en procrastination paralysante ou en épuisement chronique.


La dépression : quand l’effort ne suffit plus


La dépression chez les personnes qui ont un TDAH n’est pas toujours une tristesse visible. Elle prend souvent la forme d’un découragement profond.


– impression de faire beaucoup pour peu de résultats

– sentiment d’être “nul malgré les efforts”

– perte de motivation

– fatigue émotionnelle intense

– repli, irritabilité, désengagement


Beaucoup d’enfants qui ont un TDAH veulent bien faire. Mais quand les efforts ne sont pas reconnus, quand les réussites passent inaperçues et que seules les erreurs sont pointées, l’estime de soi s’érode.


À l’adolescence et à l’âge adulte, cette accumulation peut conduire à une vraie dépression, parfois masquée par de l’agitation, de la colère ou de l’humour défensif.


Quand anxiété et dépression s’entremêlent


Chez les personnes qui ont un TDAH, anxiété et dépression coexistent souvent.


L’anxiété pousse à se suradapter. La suradaptation épuise.L’épuisement ouvre la porte à la dépression.


Ce cercle est d’autant plus difficile à repérer que les comportements extérieurs peuvent masquer la souffrance intérieure. Un enfant qui bouge, qui rit, qui provoque, n’est pas forcément un enfant qui va bien.


Comprendre sans réduire à une étiquette


Parler d’anxiété ou de dépression chez une personne qui a un TDAH ne signifie pas la réduire à un cumul de troubles. Il s’agit de comprendre les mécanismes, pas de figer une identité.


Ce que vivent ces enfants et ces adultes n’est pas une fragilité de caractère. C’est souvent une fatigue adaptative prolongée, dans un environnement peu ajusté à leur fonctionnement.


Ce qui aide vraiment (à la maison, à l’école, dans la vie)


Il n’existe pas de solution unique. Mais certains leviers sont essentiels.


– un regard qui distingue la personne de ses difficultés

– une diminution des injonctions contradictoires

– un cadre clair, expliqué, prévisible

– des temps de verbalisation émotionnelle sans jugement

– des outils concrets pour l’organisation et la régulation

– un accompagnement psychologique quand la souffrance s’installe

– et, quand c’est indiqué, une prise en charge médicale réfléchie, jamais isolée du reste


Surtout, il est fondamental de sortir d’une logique où l’enfant ou l’adulte doit “tenir coûte que coûte”. Tenir n’est pas aller bien.


De l’enfance à l’âge adulte : des traces durables, mais pas une fatalité


Un enfant qui a un TDAH et dont l’anxiété ou la dépression sont reconnues, comprises et accompagnées, peut construire des ressources solides pour l’âge adulte.


À l’inverse, un enfant qui apprend très tôt à masquer, à se taire ou à exploser faute d’espace de compréhension, risque de porter longtemps cette charge invisible.


Rien n’est figé. Mais le regard posé aujourd’hui conditionne souvent les équilibres de demain.


Conclusion


L’anxiété et la dépression chez les personnes qui ont un TDAH ne sont ni anecdotiques, ni secondaires. Elles sont souvent le signal d’un système en tension, pas d’un individu défaillant.


Comprendre cela, ce n’est pas dramatiser.

C’est prendre soin.

C’est prévenir.


C’est permettre à ces enfants et à ces adultes de ne plus porter seuls un poids qui ne leur appartient pas entièrement.



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